Le Tsadik et le Yétsèr Hara'

Chalom, Kvod Harav

Excusez moi de vous parler de ça, mais juste une chose qui me derange beaucoup.
Est-t-il possible de n'avoir aucune activité sexuelle ?
Je connais des gens Tsadikim qui sont dans ce cas, mais comment est ce possible, comment font-ils ?
Le Yétsèr Hara' dans ce domaine est tres puissant, alors avez vous une reponse ?

Rav Aharon Bieler
Avant tout sachez que le célibat n’est pas, dans la Tora, un principe acceptable. Bien au contraire, la première Mitsva exprimée dans la Tora pour l’humanité toute entière est « Pérou Ourvou » (croissez et multipliez).(1)
De même, il est écrit : «Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide à ses côtés.» (2)

Le Choul’hane ‘Aroukh lui-même (3) est très clair à ce sujet : « un homme a l’obligation de se marier afin de réaliser la Mitsva de « Pérou Ourvou » et celui qui ne le fait pas est considéré comme un meurtrier ».

Il est vrai que par ailleurs, le Choul’hane ‘Aroukh lui-même, cite l’exemple de Ben ‘Azaï qui ne s’est pas marié pour se consacrer entièrement à l’étude de la Tora (4).
Le Choul’hane ‘Aroukh précise que celui qui aurait fait comme Ben ‘Azaï (et n’aurait donc pas réalisé la Mitsva de « Pérou Ourvou ») n’aurait pas fait de faute. Toutefois le Taz (alinéa 7), précise que malgré tout on ne devra pas faire comme lui à priori.

Tout ceci n’est valable (d’après le Choul’hane ‘Aroukh et le Rambam), que si l’on est pas perturbé par son Yétsèr Hara’ (c'est-à-dire que cela n’entraîne pas de mauvaises pensées).
Il faut bien comprendre que le cas de Ben ‘Azaï est exceptionnel. Ben ‘Azaï lui même enseignait à ses élèves, l’obligation de se marier.

Très rare sont ceux, qui comme lui, sont tellement pris par leurs études qu’ils en deviennent «incapables» (5) de fonder une famille .

Il semble qu’il y ait beaucoup de Tsadikim dans votre entourage; c’est à eux qu’il faut demander ce qui a motivé leur choix et comment ils vivent leur situation.
Quoi qu’il en soit un homme est destiné à se marier et à fonder une famille.

Kol Touv
1) Béréchite 9/1
2) Béréchite 2/18
3) Évène Ha’ézer chp.1 par.1
4) Choul’hane ‘Aroukh chp.1 par.4 et Guémara Yébamote 63b
5) Voir le livre « Dérèkh Pékoudim » qui déduit de la Guémara que Ben ‘Azaï témoignait sur lui même, que son amour pour la Tora était tel (ce qui l’accaparait entièrement) , qu’il était dans l’impossibilité de fonder un foyer. Cette situation n’était donc pas le fruit d’une décision , mais la conséquence d’un état des choses.