7 octobre : l’unité juive doit l'emporter sur la guerre d’usure
Nos ennemis veulent rendre notre avenir invivable. L'Unité du peuple doit donner à Israël la force de durer, en répartissant l’effort et en reconstruisant la vie.

Trois ans après le 7 octobre, nous devons regarder une menace qui dépasse le prochain attentat : l’épuisement d’un peuple contraint de défendre sans cesse sa vie. L’unité du peuple juif (A'hdout), doit rendre cet épuisement impossible et redonner un avenir à ceux qui portent le combat.
En ce 7 octobre, je parle pour mon peuple et pour ce que nous refusons de perdre. La guerre ne peut devenir l’horizon permanent de nos enfants. Une société peut conserver ses armes tout en laissant s’abîmer la confiance qui donne envie d’y vivre. Notre réponse doit atteindre plus profondément que la riposte. Nous devons rendre à l’ennemi son projet irréalisable : nous tuer, nous disperser, ou nous persuader que notre avenir coûtera toujours davantage que ce que nous pouvons supporter.
Je veux que notre colère oblige nos responsables à préparer les prochaines années, à protéger ceux qui servent, à empêcher que la fatigue devienne un renoncement collectif. Nous ne devons pas nous habituer à vivre diminués. Nous devons exiger un pays assez solide pour que ses enfants puissent y rester, y étudier, y aimer, y fonder une famille. C’est cela que j’appelle défendre mon peuple : empêcher ses ennemis de lui confisquer jusqu’au désir de continuer. Aucun camp politique, aucune querelle religieuse ne vaut que nous leur offrions cette victoire. Nous devons regarder nos enfants sans leur demander de payer nos divisions.
Le terrorisme islamiste vise aussi notre avenir
La volonté de recommencer le massacre a été revendiquée. Ghazi Hamad, membre du bureau politique du Hamas, l’annonçait sur LBC le 24 octobre 2023, jusqu’à l’anéantissement d’Israël, dans un entretien rapporté par The Times of Israël. Je refuse que cette ambition impose aux vivants une existence organisée autour du prochain massacre.
Il faut nommer le terrorisme islamiste radical et détruire les capacités militaires qui permettent ses crimes. Notre cible doit rester précise : les organisations, leurs arsenaux, leurs réseaux. Leur idéologie ne représente pas tous les musulmans, et les civils palestiniens ne deviennent pas des combattants par leur naissance. La détermination exige cette précision ; frapper indistinctement ferait perdre à notre défense son objet, qui est de protéger la vie.

L’épreuve de l’usure demande cependant une réponse supplémentaire. Même affaibli militairement, un ennemi peut espérer que l’incertitude finira par défaire les familles, éloigner les talents, rendre les sacrifices insupportables. Notre victoire doit donc lui retirer cette espérance. Le pays que nous défendons doit rester un pays où l’on peut construire.
Une société doit pouvoir renouveler sa force
Notre peuple ne possède pas une réserve inépuisable de vies disponibles. L’OCDE relève, dans ses Perspectives économiques de 2026 consacrées à Israël, les perturbations du marché du travail liées à la mobilisation des réservistes. Nous devons regarder en face cette obligation : soutenir durablement la défense sans laisser ses charges détruire la vie civile.
Admirer le courage ne dispense pas d’organiser la relève. Un père mobilisé doit pouvoir retrouver un travail ; sa famille doit pouvoir tenir ; un blessé doit pouvoir accéder à une existence qui dépasse sa blessure. L’État, les employeurs et les communautés doivent assumer ensemble cette continuité. Chaque sacrifice laissé sans réponse entame la confiance nécessaire au suivant. Cela suppose des budgets durables, des dispositifs de retour à l’emploi et un accompagnement psychologique réellement accessible.
Nous devons refuser que la résistance nationale repose toujours sur les mêmes épaules. Chaque milieu doit examiner honnêtement la part qu’il peut prendre, selon ses capacités et ses obligations. Une société devient vulnérable quand certains se sentent indispensables au combat et dispensables dès qu’ils demandent de l’aide. L’ahdout commence par corriger cette injustice.
Macron et Sánchez ne doivent pas dicter nos fractures
Je demande à Macron et à Sánchez de mesurer ce qu’ils mettent en jeu. En octobre 2024, l’Élysée publiait l’appel de Macron contre les livraisons d’armes permettant les opérations à Gaza. Sánchez annonçait en septembre 2025 de nouvelles restrictions militaires contre Israël, rapportées par Reuters. Je refuse que la sécurité de nos familles devienne une variable d’ajustement diplomatique. Condamner le Hamas ne suffit pas à résoudre cette contradiction.

Mais je refuse surtout que leurs positions deviennent l’arbitre de nos querelles. Le Juif qui applaudit une chancellerie contre un autre Juif doit se demander ce qu’il attend d’elle. Une autorité étrangère ne peut nous dispenser de penser ensemble notre avenir. Nous pouvons nous opposer à nos dirigeants avec vigueur sans chercher à obtenir de l’extérieur la défaite de notre propre société.
Notre Unité doit survivre au retour de la vie ordinaire
Je mesure notre unité à ce qui restera lorsque l’émotion commémorative retombera. Sommes-nous capables de décider ensemble pendant une accalmie, avant que l’urgence impose à nouveau ses priorités ? L’unité qui attend la prochaine sirène abandonne à l’ennemi le calendrier de notre rapprochement. Une nation souveraine doit organiser sa cohésion lorsqu’elle dispose encore du temps de choisir.
Cela exige des décisions expliquées, des responsabilités établies, des engagements tenus. Faire taire les familles ou les critiques ne produit qu’un silence provisoire. La confiance revient quand chacun constate que les institutions apprennent et que les erreurs ont des conséquences. Notre unité doit rendre la parole possible sans transformer chaque différend en rupture nationale.

En diaspora, défendre Israël engage aussi notre durée. Une communauté ne peut vivre uniquement d’alertes et de réactions. Elle doit donner aux jeunes une connaissance du judaïsme assez profonde pour que leur identité ne dépende pas des insultes reçues. La peur mobilise ; seule une appartenance nourrie permet de tenir longtemps.
La victoire doit rendre leur avenir aux familles
Aux lecteurs non juifs, je demande de comprendre cette ambition : nous voulons pouvoir élever nos enfants sans transmettre la guerre comme unique héritage. Nous soutenons une force capable d’empêcher les massacres et une société capable de vivre après eux. Notre fermeté doit servir cet avenir.
Le 7 octobre nous oblige à devenir impossibles à épuiser. L’ahdout ne remplace ni l’armée ni la stratégie ; elle leur donne un peuple qui pourra tenir. Notre victoire se reconnaîtra aussi au jour où une famille éprouvée pourra faire des projets.