Brussels Airlines : vol pour Israël annulé, accusation de boycott ensuite retirée
Transporter des passagers vers Tel-Aviv n’est pas approuver un gouvernement. Contre les boycotts et la culpabilité collective, défendons Israël et les Juifs avec fermeté et des faits vérifiés.

Brussels Airlines a annulé le vol SN3289 vers Tel-Aviv le 21 octobre 2026, suscitant une accusation de refus de desservir Israël. La compagnie invoque un équipier malade ; l’accusation a été publiquement retirée. Cette affaire relance le débat sur les objections politiques aux vols vers l’État juif.
Brussels Airlines : une accusation retirée, un débat bien réel
Le 21 octobre 2026, l’annulation du vol SN3289 a suscité une accusation de refus de desservir Israël. Mais les éléments publiés imposent une correction majeure. Interrogée par JNS, Brussels Airlines a expliqué qu’un membre d’équipage était tombé malade pendant les préparatifs et qu’aucun remplaçant n’avait pu être trouvé. Le rabbin Menachem Margolin, qui avait relayé l’accusation, l’a ensuite retirée, reconnaissant avoir reçu une information erronée. Qualifier cet équipage d’antisémite sur cette base serait injustifié.
Le véritable débat dispose pourtant d’un document autrement solide. Dans son communiqué du 1er septembre, ACV Puls évoque, au-delà des risques physiques, l’impact psychologique et éthique des vols et défend la possibilité de les refuser pour des raisons de conscience. Le syndicat lie explicitement cette position à la guerre à Gaza. Cette extension du refus professionnel à l’objection politique mérite une réponse ferme.
Transporter une famille vers Israël n’engage aucune adhésion politique
Une liaison aérienne transporte des personnes dont les convictions, les origines et les raisons de voyager diffèrent. On peut rejoindre un parent malade, rentrer chez soi, assister à un mariage ou travailler sans porter mandat du gouvernement israélien. Faire d’une destination une faute morale revient à placer tous ces voyageurs sous une présomption commune. Les militants décident de la sanction ; les familles en supportent les conséquences.

Le rabbin Menachem Margolin dénonce sur X une possible discrimination envers Israël après l’annulation du vol Brussels Airlines SN 3289 vers Tel-Aviv.
Nous jugerions absurde d’exiger d’un voyageur iranien qu’il réponde des décisions de son régime avant de revoir ses proches. Pourquoi accepter une telle logique pour Israël ? Rejoindre Tel-Aviv ne constitue ni un vote pour un dirigeant ni une approbation de chaque opération militaire. Une conscience qui oublie cette évidence organise l’arbitraire.
À suivre les partisans d’un boycott moral des liaisons civiles, le billet d’avion devrait bientôt comporter une case supplémentaire : avez-vous suffisamment honte de votre destination ? Le voyageur pourrait avoir payé, respecté les contrôles et présenté ses papiers ; il lui manquerait encore l’essentiel, l’absolution militante. Admirable progrès : après des décennies à défendre l’accès de chacun aux services, on réinventerait le refus de servir, pourvu qu’il s’habille des bonnes intentions.
La sécurité aérienne exige des critères, le boycott impose un verdict
L’objection la plus sérieuse demeure la sécurité des équipages. Elle doit être examinée honnêtement. Un salarié malade ou réellement inapte à voler doit être protégé. Les avis de l’Agence européenne de la sécurité aérienne rappellent que les espaces aériens exposés aux conflits appellent une évaluation spécifique. Nous devons exiger des compagnies une gestion rigoureuse des risques, des décisions explicables et un traitement responsable de leurs personnels.
Cette exigence oblige à préciser les motifs. Un danger opérationnel s’évalue selon des données, des itinéraires et des procédures. Une objection politique juge la destination et ceux qui s’y rendent. Les confondre permettrait de présenter toute restriction visant Israël comme une précaution, même lorsque son objectif serait de l’isoler. La protection des travailleurs mérite mieux que cette confusion ; les voyageurs aussi.
Israël a le droit de défendre ses citoyens contre le terrorisme
Je défends explicitement Israël, son existence et le droit de ses citoyens à vivre en sécurité. Le massacre du 7 octobre ne peut devenir une parenthèse gênante dans le récit de ceux qui condamnent ensuite toute réponse israélienne. L’enquête de Human Rights Watch, publiée en juillet 2024, documente des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par le Hamas et d’autres groupes armés, notamment les meurtres de civils et les prises d’otages.
Les Israéliens n’ont pas à attendre le prochain massacre pour obtenir le droit de protéger leurs enfants. Exiger leur sécurité tout en leur refusant les moyens légitimes de la défendre vide cette solidarité de son contenu. Une analyse sérieuse doit examiner les responsabilités du Hamas, ses objectifs et ses méthodes. Effacer l’agresseur pour concentrer toute la faute sur le pays agressé produit une lecture profondément faussée du conflit.
Les mesures prises par Israël pour avertir les civils méritent aussi d’être examinées. La publication d’une carte d’évacuation par secteurs, en décembre 2023, est documentée par OCHA. Son existence ne garantit ni l’efficacité de chaque avertissement ni la sécurité des déplacements. Elle interdit cependant d’effacer d’un trait toute démarche israélienne visant à éloigner les civils des combats. Le jugement honnête examine les moyens employés et leurs résultats.
Le progressisme se renie lorsqu’il accepte la culpabilité juive collective
Le problème politique commence lorsqu’un courant militant subordonne les droits des personnes à leur conformité idéologique. Un Israélien devrait dénoncer son pays pour être fréquentable ; un Juif devrait désavouer Israël pour être défendu. Cette exigence transforme l’antiracisme en examen d’allégeance. Le progressisme qui s’y abandonne trahit les personnes qu’il prétend protéger et offre à l’hostilité antijuive un vocabulaire de respectabilité.
Ce mécanisme possède une réalité documentée. Dans l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, menée avant le 7 octobre et publiée en 2024, 75 % des répondants estimaient être tenus responsables des actes du gouvernement israélien parce qu’ils étaient juifs. Ce résultat décrit une perception recueillie auprès des participants ; il révèle néanmoins combien cette assignation pèse déjà sur leur vie.
La définition de travail, non contraignante, de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste identifie précisément la responsabilité collective imposée aux Juifs parmi les manifestations possibles d’antisémitisme. Elle demande aussi de considérer le contexte. Cette précision impose d’examiner les actes et leurs motifs. Elle ne fournit aucun refuge à ceux qui voudraient pénaliser indistinctement des Juifs en invoquant Israël.

Voilà la démagogie qu’il faut mettre à nu : se proclamer protecteur des opprimés, puis expliquer à une personne juive que sa protection attendra son désaveu d’Israël. Dans ce système, celui qui exclut se réserve encore le privilège de donner des leçons à celui qu’il écarte. La victime devrait remercier son censeur pour la noblesse de ses intentions. Cette comédie morale mérite d’être combattue avec autant de vigueur que les préjugés plus franchement déclarés. Nous refusons que le soutien à Israël devienne une circonstance aggravante dans la vie d’un Juif, et que l’exclusion obtienne un brevet de vertu en Europe.
Défendre Israël, c’est refuser que ses citoyens deviennent des parias
Notre réponse doit viser les pratiques concrètes : demander aux entreprises des règles transparentes, contester les exclusions liées à l’identité et documenter chaque discrimination. Lorsqu’un incident se révèle différent de sa première présentation, nous le corrigeons. Cette discipline nous permet de porter plus fermement les dossiers établis et de demander des comptes à ceux qui confondent militantisme et pouvoir sur autrui.
Le boycott généralisé présente enfin une commodité troublante pour ses promoteurs : il dispense de connaître les gens qu’il atteint. L’étudiant, le chercheur, l’artiste ou le grand-parent disparaissent derrière une étiquette nationale. Tout est plus simple quand les personnes deviennent des symboles disponibles pour la démonstration. Ceux qui prétendent humaniser le monde devraient commencer par regarder le visage des voyageurs auxquels leur indignation veut fermer la porte. Leur confort idéologique ne vaut pas davantage que les droits d’autrui.
Sur UniversTorah, nous défendons une exigence qui ne dépend d’aucune mode : les Juifs doivent pouvoir vivre ouvertement et soutenir Israël sans perdre leur droit à la dignité. L’existence de l’État juif, la sécurité de ses habitants et leurs liens avec leurs familles ne sont pas des faveurs accordées par un tribunal militant. Aucun passager ne devrait présenter un certificat de reniement à la porte d’embarquement.