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À Jérusalem, un congrès remet les sept lois de Noa’h en lumière

par Rav Aharon Bieler, Dimanche 8 Novembre 2026

Du 2 au 6 novembre 2026, des représentants de communautés noahides se sont réunis à Jérusalem pour renforcer leurs liens. Un participant originaire de Cuba a raconté comment il avait découvert, après son mariage, ses racines séfarades. Son parcours éclaire la distinction entre l’observance des sept lois de Noa’h, l’engagement exprimé devant des rabbins et la conversion au judaïsme.

À Jérusalem, un congrès remet les sept lois de Noa’h en lumière
Des délégués et des chefs communautaires représentant les communautés noahides des six continents réunis à Jérusalem. Crédit photo : BRUNO SHARVIT

Du 2 au 6 novembre 2026, le centre Brit Olam, dirigé par le Rav Oury Cherki, a réuni des délégués de communautés noahides à l’hôtel Seven Arches, sur le mont des Oliviers à Jérusalem. L’organisation a consacré cette première édition au rapprochement de ces communautés, avec des ateliers inscrits le 3 novembre au programme du congrès international.

Les participants sont des non-Juifs qui cherchent à vivre selon les sept lois de Noa’h, le Noé de la Genèse. Leur rencontre donne un visage à un enseignement du Talmud sur les obligations qui s’adressent à l’ensemble de l’humanité. Elle pose aussi une question de Halakha, la loi juive, puisque certains congressistes ont choisi de déclarer leur engagement devant un tribunal rabbinique.

De Cuba à Jérusalem, un héritage redécouvert

Eliezer Vicente Yarid, originaire de Cuba, raconte que ses parents évitaient les rites de l’Église durant son enfance. Après son mariage, ils lui ont parlé de leurs origines séfarades. Selon cette mémoire familiale, ils descendaient de Juifs de la péninsule Ibérique contraints de se convertir au catholicisme.

À cette époque, une conversion au judaïsme lui paraissait difficile pour des raisons familiales. Il s’est rapproché à Cuba de personnes dont les familles avaient une histoire comparable et a participé à la création d’une petite communauté noahide. Il en a fait partie jusqu’à son installation aux États-Unis, rapporte le journaliste Zev Stub dans son article du 6 novembre 2026 pour The Times of Israel.

Sept obligations pour les descendants de Noa’h

L’expression Bné Noa’h signifie « descendants de Noa’h ». Dans le passage du Talmud qui leur est consacré, elle désigne les non-Juifs auxquels ces commandements s’appliquent. Le traité Sanhédrin énumère six interdictions, qui portent sur l’idolâtrie, la malédiction du Nom divin, certaines relations sexuelles comme l’inceste et l’adultère, le meurtre, le vol et la consommation d’un membre arraché à un animal vivant. L’obligation d’établir des tribunaux figure en tête de cette liste des sept lois (Sanhédrin 56a).

Dans le Michné Torah, Maïmonide fait remonter six de ces lois à Adam. Il rattache la septième, celle qui concerne la consommation d’un membre d’un animal vivant, à une parole adressée à Noa’h après le Déluge (Lois des rois, 9, 1 et Béréchit 9, 4). C’est dans le même chapitre de la Genèse que D.ieu conclut avec Noa’h et sa descendance l’alliance dont l’arc-en-ciel est le signe (Béréchit 9, 8-17).

La loi relative aux tribunaux engage l’organisation de la société. Maïmonide demande de nommer des juges dans chaque district pour faire appliquer les six autres lois et en avertir la population (Lois des rois, 9, 14). Na’hmanide donne à ce devoir un champ plus large, qui inclut les règles de la vente et de la réparation des dommages (commentaire sur Béréchit 34, 13). Ces deux lectures donnent une idée de la place que les commentateurs accordent à l’organisation de la justice.

Pour Maïmonide, la raison pour laquelle on observe ces lois compte aussi. Il place parmi les « justes des nations du monde », qui ont part au monde futur, ceux qui acceptent et observent les sept lois parce que D.ieu les a prescrites dans la Torah. Moché a transmis qu’elles avaient déjà été données aux descendants de Noa’h, selon l’explication de Maïmonide (Lois des rois, 8, 11).

Ce que signifie la déclaration devant les rabbins

Le rabbin Oury Cherki, président de Brit Olam, prend la parole lors du premier congrès international des Noachides à Jérusalem
Le rabbin Oury Cherki, président de Brit Olam, prend la parole lors du premier congrès international des Noachides à Jérusalem, le 3 novembre 2026. Crédit : Bruno Sharvit.

Au congrès, certains participants ont fait une déclaration devant un beit din, un tribunal rabbinique. Les organisateurs, cités par The Times of Israel, ont présenté la cérémonie comme un geste symbolique qui permettait d’exprimer publiquement son adhésion au mouvement. L’observance des sept lois se joue dans la pratique quotidienne, au sein d’une communauté ou à titre individuel.

Maïmonide évoque une acceptation devant trois personnes qualifiées dans un cadre précis, celui du guèr tochav, un statut halakhique de résident non juif en terre d’Israël (Lois des rois, 8, 10). Il réserve l’admission formelle à ce statut aux périodes où le Jubilé, l’année biblique de restitution des terres, est en vigueur (Lois des relations interdites, 14, 7-8).

La conversion au judaïsme, ou guiour, fait entrer la personne dans le peuple juif et l’engage à observer les mitsvot qui lui incombent. L’acceptation des commandements devant un tribunal rabbinique, l’immersion rituelle et, pour les hommes, la circoncision font partie des étapes du guiour (Lois des relations interdites, 13, 4-6 et Choul’han Aroukh, Yoré Déa 268, 3). Une fois la conversion accomplie, Maïmonide considère le converti comme juif à part entière (Lois des rois, 10, 3).

Une charte à mettre en pratique

Brit Olam présente le tribunal rabbinique international annoncé au congrès comme une instance à laquelle les groupes locaux pourront soumettre leurs questions. Le rassemblement a également adopté une charte et un programme d’enseignement commun, selon le compte rendu de l’agence israélienne TPS.

La prochaine étape sera de faire circuler ces ressources au-delà du congrès. Pour des groupes de la taille de celui auquel Vicente Yarid a appartenu à Cuba, l’enjeu sera de pouvoir accéder à des cours et poser des questions de pratique dans leur propre langue.