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Émeutes en France : Macron vise Trump, Mélenchon accuse Netanyahou

par Rav Meïr Hazan, Jeudi 22 Octobre 2026

Émeutes, mairies attaquées, policiers blessés. Et pour répondre au chaos ? Macron attaque Trump, Mélenchon pointe Netanyahou. Il serait temps de regarder les responsabilités françaises en face.

Émeutes en France : Macron vise Trump, Mélenchon accuse Netanyahou
Le regard tendu de Macron face à Netanyahou : si prompt à donner des leçons à Israël, le président français semble incapable d’en recevoir. Illustration générée par IA, scène fictive.

La France compte ses blessés et ses commerces dévastés. Macron répond à Trump, Mélenchon désigne Netanyahou. Derrière ces accusations, une question demeure : qui assume le désastre français ?

Des commerces pillés, des bâtiments publics attaqués, des policiers blessés : la France compte les dégâts. Pourtant, deux noms dominent la polémique : Donald Trump et Benjamin Netanyahou. Macron reproche au premier ses commentaires sur les troubles ; Mélenchon présente le second comme une menace électorale. Le péril serait à Washington ou à Jérusalem, plutôt qu’à Paris, Marseille ou Limoges.

Macron accuse Trump, mais les émeutes sont bien réelles

Le 21 octobre, depuis le Qatar, Emmanuel Macron s’est élevé contre des propos étrangers qu’il juge stupides et contre la diffusion d’images fabriquées par intelligence artificielle. Interrogé sur Donald Trump, il a confirmé que le président américain était notamment visé, selon The Guardian. Trump avait, lui, incriminé les migrants, les djihadistes et les communistes. Cette généralisation ne prouve rien sur les auteurs des violences.
Montage photo montrant le président américain Donald Trump et le président français Emmanuel Macron.

Macron a raison : des faux ont circulé. L’AFP a notamment démontré qu’une photographie virale d’un couple âgé prétendument dépouillé avait été générée ou modifiée par IA. Mais un cliché truqué n’efface ni les incendies ni les défaillances de l’État. Dénoncer la désinformation ne remplace pas un bilan politique.

2 397 interpellations : les chiffres accablants que la polémique ne peut effacer

Selon le bilan consolidé du ministère de l’Intérieur relayé par RTL, 2 397 personnes ont été interpellées après les violences du 17 octobre et 997 policiers et gendarmes ont été blessés, dont sept gravement. L’hôtel de ville de Limoges a brûlé ; des commerces marseillais ont été ravagés. Ce n’était pas de l’IA.

Laurent Nuñez a lui-même reconnu que les autorités avaient, par endroits, perdu le contrôle. Macron a condamné les casseurs : il ne nie donc pas les violences. Mais il déplace le débat : lorsqu’un président doit expliquer pourquoi l’État n’a pas protégé ses villes, la querelle avec Trump n’est pas la réponse que les Français attendent.

Mélenchon désigne Netanyahou et promet de « pourrir » une réunion sur les violences

Jean-Luc Mélenchon pousse la diversion encore plus loin. Invité à Matignon pour discuter des troubles et de la présidentielle, il a promis de pourrir la réunion. Puis il a affirmé que le danger électoral ne venait pas des groupuscules d’ultragauche, mais de Netanyahou, censé peser sur les scrutins à Marseille, Toulouse, Roubaix et Paris. Ces déclarations ont été rapportées le 20 octobre par l’AFP, reprise par TV5MONDE.

Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, lors d’un meeting.
Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, lors d’un meeting à Lille pendant la campagne des élections européennes, le 18 avril 2024.

Quelle arrogance politique faut-il pour annoncer publiquement qu’on va saboter une concertation consacrée à la violence, avant de se poser en défenseur de la démocratie ? Sa morgue et son obsession de l’adversaire israélien rendent la scène franchement ridicule. Il ne répond pas à la question posée : comment empêcher que des manifestations dégénèrent à nouveau en pillages et agressions ?

Une ingérence identifiée en 2026 ne prouve pas que Netanyahou dirige les élections françaises

Un fait mérite toutefois examen. Dans son rapport officiel sur l’opération « Rokh Solis », VIGINUM a documenté une campagne numérique dirigée contre des candidats de La France insoumise lors des municipales de mars 2026. Il relève des indices impliquant la société israélienne Blackcore, dont les contenus ont peu circulé.

Cette ingérence doit être condamnée. Mais l’audition parlementaire du directeur de VIGINUM rappelle que les éléments techniques n’ont pas permis d’identifier les commanditaires. Je ne peux pas confirmer une implication personnelle de Netanyahou. Présenter une opération imputée à des acteurs privés comme la preuve que le Premier ministre israélien manipule la démocratie française relève d’un saut accusatoire, pas d’une démonstration.

Israël sert de cible commode à une gauche incapable de répondre au désordre

Critiquer le gouvernement israélien est légitime. Faire de Netanyahou le personnage central d’une crise française est une obsession politique. Les violences ont des auteurs et des causes que les institutions françaises doivent établir. Israël ne gouverne ni les préfectures françaises ni les dispositifs de maintien de l’ordre.

Cette accusation est d’autant plus irresponsable que les Juifs de France subissent l’antisémitisme. Nous avons récemment analysé sur UniversTorah la crise d’autorité révélée par ces émeutes. Accuser sans preuve le Premier ministre israélien de diriger les élections françaises banalise la suspicion envers Israël.

La France n’a pas besoin de boucs émissaires étrangers, mais de responsables qui répondent de leurs actes

Trump peut se tromper d’analyse, mais Macron a le devoir de rétablir les faits. Mélenchon peut dénoncer une ingérence, à condition de ne pas franchir le seuil de la fabulation. Mais aucune posture ne dispense l’exécutif d’assumer ses échecs, ni l’opposition de condamner sans détour la violence.

Le ridicule commence quand le spectacle remplace le courage. À force de préférer la surenchère à la responsabilité, la classe politique française ne masque plus la crise : elle l'incarne.