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Paul Amar : commerces juifs attaqués, le spectre de la Nuit de cristal

par Rav Meïr Hazan, Mardi 20 Octobre 2026

Paul Amar lance une accusation grave : à Marseille, des commerces juifs auraient été incendiés tandis que des boutiques musulmanes voisines auraient été épargnées. Cette accusation, fait resurgir le spectre de la Nuit de cristal. Macron maintient sa tournée dans le Golfe ; les Français attendent des comptes sur leur protection. Israël n’a pas à servir d’alibi aux défaillances de l’État français.

Paul Amar : commerces juifs attaqués, le spectre de la Nuit de cristal

Les déclarations de Paul Amar sur des commerces juifs à Marseille posent aussi une question politique : comment protéger les Français lorsque l’État découvre après les destructions l’ampleur de ses défaillances ? Emmanuel Macron doit répondre de cette protection. Israël ne saurait devenir le débiteur commode de l’impuissance française.

Après les émeutes qui ont exposé l’impuissance présidentielle, je refuse que l’indignation se dissolve dans une nouvelle explication générale. Des commerçants ont perdu leur outil de travail ; des habitants ont vu leurs institutions attaquées. Pour les Juifs, l’inquiétude possède une profondeur supplémentaire : celle d’être désignés comme responsables d’événements sur lesquels ils n’ont aucune prise. Cette inquiétude mérite une protection effective et une information irréprochable.

Commerces juifs à Marseille : ce que Paul Amar affirme

Le 18 octobre, sur CNews, Paul Amar a affirmé que, dans une rue de Marseille, des commerces appartenant à des Juifs avaient été incendiés, tandis que ceux tenus par des musulmans auraient été épargnés. JFeed a relayé cette accusation et l’hypothèse d’une préparation. Si cette sélection était établie, elle imposerait d’enquêter sur un mobile antisémite et une éventuelle organisation préalable. Il faudrait identifier les commerces, recueillir les plaintes et confronter les témoignages.

L’idée de commerces choisis parce que juifs fait surgir la mémoire de la Nuit de cristal. Les 9 et 10 novembre 1938, le pouvoir nazi orchestre un pogrom, avec des synagogues incendiées et des magasins saccagés, comme le documente le Mémorial de la Shoah. Cette histoire explique notre vigilance collective. Elle exige aussi de distinguer un pogrom établi d’une accusation locale encore à vérifier : à Marseille, la comparaison historique ne peut tenir lieu de preuve.

L’alerte de Paul Amar ne peut être balayée comme un cri d’orfraie : il rapporte des faits dont il affirme avoir été informé. Elle s’inscrit dans une France où les violences et intimidations antisémites sont documentées depuis plusieurs années. Cette inquiétude repose sur une expérience vécue, bien antérieure aux émeutes de Marseille.

Macron évoque les carburants, sans accuser explicitement Israël

Dans son allocution officielle du 18 octobre, Macron relie les inquiétudes sur les carburants au conflit du golfe Persique, auquel, précise-t-il, la France n’a pas participé. Il distingue les manifestants des auteurs de violences et désigne des groupuscules d’ultragauche rejoints par des délinquants. Il n’accuse pas explicitement Israël d’avoir provoqué les émeutes. Lui attribuer cette phrase affaiblirait notre critique et fournirait une échappatoire à ceux qui doivent rendre des comptes.

J’y vois une lâcheté politique : invoquer les désordres du monde après avoir laissé les destructions s’étendre, puis promettre une fermeté qui aurait dû les prévenir. Un président doit prendre les devants, protéger son pays et assumer ses défaillances. Israël n’a pas à fournir l’alibi d’une autorité française qui n’a pas su s’exercer.

Les destructions imposent des comptes sur la protection publique

La mairie de Limoges confirme l’incendie de l’Hôtel de ville et l’impossibilité d’y accueillir normalement les usagers. Le ministère de la Culture rappelle que ses façades et toitures sont protégées au titre des monuments historiques. Le dommage touche donc un patrimoine commun et des services indispensables. Les conséquences se mesurent aussi dans les démarches empêchées, les journées de travail perdues et les moyens qui devront financer les réparations.

Le président reconnaît lui-même que certains commerçants ont défendu leurs vitrines. Cet aveu engage davantage que ses promesses de fermeté. Quels risques avaient été identifiés ? Quels moyens ont été engagés ? À quel moment les dispositifs ont-ils cédé ? Il faut une chronologie publique des décisions et des résultats judiciaires vérifiables. Les policiers exposés, les élus attaqués et les commerçants sinistrés ont droit à des réponses. Pour les citoyens juifs, une protection soumise aux accommodements politiques serait une humiliation supplémentaire.

Violents affrontements entre la police et des manifestants à Marseille.

Un bilan sérieux devra donc préciser les alertes reçues, les renforts disponibles, les délais d’intervention, les plaintes enregistrées et les suites pénales. Les victimes doivent pouvoir suivre ces engagements au-delà des annonces, avec des échéances publiques.

Le départ au Koweït révèle un choix politique contestable

Macron a maintenu sa tournée dans le Golfe, avec une étape au Koweït le 19 octobre. RTL rapporte les critiques suscitées par ce déplacement, présenté par l’exécutif comme un moyen de sécuriser les approvisionnements énergétiques. Cet objectif existe. Il ne suffit pas à clore le débat sur le calendrier présidentiel au lendemain des destructions.

Emmanuel Macron salue de la main sur un tapis rouge, entouré de responsables koweïtiens sous une verrière.
Emmanuel Macron accueilli sur le tapis rouge au Koweït. Les honneurs diplomatiques ne feront oublier ni les villes françaises saccagées ni les défaillances de leur protection. Un président doit prendre les devants et protéger son pays avant de venir promettre la fermeté devant les caméras.

Je juge ce choix politiquement lâche. Le chef de l’État pouvait défendre publiquement une autre hiérarchie des urgences : rester auprès des villes atteintes, exposer les défaillances, fixer des obligations précises à son gouvernement. Il a privilégié le maintien de son programme international. Cette décision peut donner aux sinistrés le sentiment que leur désastre sera administré à distance. Lui prêter une fuite intentionnelle dépasserait les preuves ; contester fermement sa priorité relève du jugement politique.

Le Quai d’Orsay doit défendre les Juifs avec des résultats

Le Quai d’Orsay connaît les menaces. Dans un communiqué conjoint du 10 juin 2026, la France condamne des opérations iraniennes visant notamment les communautés et intérêts juifs et israéliens. Cette prise de position compte. Elle impose de mesurer les actions entreprises contre les réseaux concernés. Notre dossier sur les Juifs d’Europe transformés en cibles stratégiques montre pourquoi leur sécurité engage aussi la souveraineté européenne.

Une synagogue du 19e arrondissement de Paris après le passage des émeutiers !

Je refuse une diplomatie qui demanderait aux Juifs de patienter et à Israël de céder pour acheter une tranquillité intérieure. La soumission commencerait là. La France peut négocier ses approvisionnements tout en défendant clairement la sécurité d’Israël et celle de ses citoyens juifs. Notre exigence envers Macron demeure celle des actes attendus du pouvoir français : protéger, poursuivre, rendre des comptes. Les prochaines décisions permettront de savoir si cette responsabilité est enfin assumée.