Vol Flydubai : Israël Katz confirme un attentat déjoué
Le ministre de la defense Israël Katz qualifie la crise du vol Flydubai de tentative d’attentat jihadiste. Les témoignages éclairent le rôle des passagers et des pilotes venus en renfort, tandis que le rapatriement depuis Tabuk est engagé

Le copilote est soupçonné d’avoir poignardé le commandant et voulu précipiter l’appareil au sol. Dans l’après-midi, Israël Katz qualifie l’événement de tentative d’attentat jihadiste et salue les passagers israéliens qui ont neutralisé l’agresseur. Le sauvetage révèle une chaîne décisive : intervenir, reprendre les commandes, puis ramener les voyageurs chez eux. Cette crise aérienne majeure met en lumière la vulnérabilité des cockpits face à une menace interne inattendue. L'atterrissage d'urgence à Tabuk et l'intervention des services de sécurité ouvrent désormais une enquête internationale complexe. Les témoignages des rescapés soulignent la rapidité d'exécution nécessaire pour éviter une catastrophe d'une ampleur inédite.
30 septembre 2026. Informations arrêtées à 17 h 40, heure israélienne. Ce matin, notre première chronologie du vol Flydubai FZ1073 relatait les alertes, le décollage de chasseurs israéliens et l’atterrissage à Tabuk, avec une escorte saoudienne rapportée. Les informations de l’après-midi déplacent l’enjeu : comprendre comment des voyageurs et des membres d’équipage ont empêché un homme placé aux commandes de provoquer une catastrophe.
Dans le cockpit, neutraliser l’agresseur et reprendre le pilotage
Le récit prend corps avec un témoin identifié. Tzvika Mans raconte à Calcalist son intervention dans le cockpit avec deux autres passagers. Sa femme entend des cris et alerte un pilote présent à proximité. Celui-ci ouvre la porte ; les voyageurs maîtrisent l’agresseur, tandis qu’un médecin soigne le commandant blessé. Un pilote supplémentaire reprend les commandes, selon ce témoignage.
Deux urgences se superposent : arrêter l’homme armé et maintenir l’avion en vol. La première victoire aurait été insuffisante sans la seconde. Benyamin Netanyahou décrit également, dans une déclaration vidéo rapportée par Reuters, l’intervention de passagers avec un membre d’équipage, puis le pilotage assuré par d’autres pilotes.
La descente brutale relevée par le suivi aérien donne la mesure du danger. Son amplitude exacte et les gestes sur les commandes devront être reconstitués. Pour les occupants, quelques instants séparent une cabine de voyageurs d’un appareil menacé de destruction.
Dans l’après-midi, Katz parle de tentative d’attentat jihadiste
Dès la mi-journée, le compte rendu d’Amit Segal décrit une tentative de crash, tout en laissant ouverte l’affiliation précise de l’agresseur.
La qualification devient explicite dans la déclaration du ministre de la Défense, relayée à 16 h 40 par Calcalist et reproduite par le Times of Israel : Israël Katz parle d’une « tentative d’attentat jihadiste ». Il attribue son échec au courage de plusieurs passagers israéliens, qui ont pénétré dans le cockpit et rendu le contrôle à une autre équipe de pilotes présente à bord.
Selon les premières informations dont dispose le ministre, l’agresseur voulait faire s’écraser l’avion avec ses passagers. Cette déclaration engage le responsable de la Défense. Elle fixe l’évaluation israélienne du danger ; l’enquête devra établir le déroulement, le mobile et les éventuelles complicités. Flydubai indique pour sa part que les causes et les motivations restent examinées dans une enquête officielle.
Le Mossad et le Shin Bet face à la menace venue des commandes
Selon Kan, dont le compte rendu est repris par le Times of Israel dans son dossier sur le vol, le Mossad dirige la gestion de l’événement avec le Shin Bet. Les autorités saoudiennes interrogent le suspect. La coopération doit permettre de confronter témoignages, enregistrements du cockpit et données de vol.
Le copilote est présenté comme omanais par un responsable israélien cité par Reuters. La nationalité du commandant demeure contradictoire dans les récits : le Times of Israel le présente comme émirati, tandis que Mans le dit indien. Cette divergence appelle une identification officielle.
Les photographies rapportées montrent aussi un dommage apparent à la gouverne de direction, à l’arrière de l’appareil. La cause et l’étendue doivent être expertisées. Affirmer que toute la dérive était brisée dépasserait ce que ces images établissent.
La question de sécurité est redoutable : quels contrôles protègent les passagers lorsqu’un danger pourrait venir d’un professionnel autorisé à piloter ? La présence de renforts à bord a permis le secours ; elle ne dispense pas la compagnie d’expliquer la faille éventuelle.
La résilience israélienne, quand la peur devient une décision
Ces voyageurs ont pris un risque immédiat pour sauver des inconnus. Leur intervention donne un visage concret à la résilience israélienne : reconnaître le danger, agir ensemble et refuser que la peur décide seule. Dans un pays marqué par les attentats, les violences du Hamas et le 7 octobre, ce geste prend une résonance particulière.
Cette lecture collective ne suffit pas à expliquer la décision personnelle de chaque intervenant. Elle souligne un courage dont les témoignages décrivent les actes. L’histoire du vol 93, documentée par le mémorial national américain, rappelle que des passagers et des membres d’équipage avaient eux aussi combattu les terroristes le 11 septembre 2001, empêchant l’appareil d’atteindre sa cible. Ici, la résistance a été suivie d’un atterrissage et de vies sauvées.

Un crash voulu, mais quelle cible et quel commanditaire ?
L’expression « un nouveau 11 septembre évité » traduit l’ampleur du désastre redouté. Elle ne prouve pas qu’un bâtiment israélien était visé. Les scénarios évoquant les tours Azrieli, la Knesset ou Ben-Gourion exigent des éléments précis : trajectoire programmée, communications ou préparation documentée. Une intention de destruction ne désigne pas, à elle seule, une cible.
La piste d’un commanditaire extérieur, éventuellement iranien, relève des questions à examiner si des contacts, instructions ou financements apparaissent. Aucun lien public n’est établi avec Téhéran. Un détournement vers l’Iran aurait pu créer une crise d’otages et un puissant moyen de pression ; ce scénario demeure hypothétique. Il ne permet pas de conclure à un plan concernant Ormuz.
Autre distinction essentielle : l’annonce d’un demi-tour du second vol Flydubai a été corrigée à 13 h 55 par le Times of Israel, qui évoque une anomalie de suivi. Elle n’établit donc pas une deuxième attaque.
À Tabuk, le refus des Hercules puis le départ vers Israël
L’atterrissage ouvre une seconde urgence : le rapatriement. i24NEWS rapporte le refus saoudien du secours aérien israélien, notamment de la proposition d’utiliser un Hercules. Le royaume accueille l’appareil en détresse, mais refuse le moyen de transport proposé pour récupérer les voyageurs. Cette limite diplomatique impose une solution civile.
Vers 15 h 43, Calcalist annonce le début de l’embarquement sur un appareil Flydubai ; certains passagers réclament alors un avion israélien. À 17 h 40, l’autorité aéroportuaire israélienne annonce le décollage du vol de secours, selon le Times of Israel. Le retour est engagé.
Pourquoi Riyad a-t-il refusé l’option israélienne ? La réponse officielle manque. L’accueil d’urgence et l’autorisation d’un appareil israélien obéissent manifestement à des arbitrages distincts. Leur coût humain mérite une explication.
Il a devancé le coup par le remède
La délivrance prend ici un relief particulier à la lumière du concept הִקְדִּים רְפוּאָה לַמַּכָּה, Il a devancé le coup par le remède. Dans Méguila (13b), Reish Lakish enseigne que le Saint, béni soit-Il, prépare d’abord le remède avant de frapper Israël. Le passage éclaire l’histoire d’Esther : le rôle salvateur de Mordekhaï précède l’ascension d’Haman.
Le Ramban, sur Bérechit (6, 19), explique également que les miracles de la Torah s’accompagnent de tout ce que l’homme peut accomplir naturellement ; le reste appartient au Ciel. La construction de l’arche demeure nécessaire malgré le secours divin.
À bord, des personnes capables d’intervenir, de soigner et de piloter étaient présentes avant l’irruption du danger. Leur présence donne un support naturel à cette lecture de la délivrance. La reconnaissance appelle alors un réveil : soutenir les sauveteurs, renforcer la vigilance et exercer sa responsabilité. La foi nourrit l’action. Ces passagers en ont donné une image saisissante.