La France ne se protégera pas en trahissant Israël
Une prise de position sur la fidélité aux alliés : pourquoi ménager les radicalités en affaiblissant Israël ne garantit pas la paix intérieure en France.

Je refuse cette idée selon laquelle la France gagnerait en sécurité en prenant ses distances avec Israël pour ménager des radicalités qui méprisent ses propres principes. Celui qui obtient une concession par l’intimidation peut y voir une invitation à poursuivre. Faire reculer un allié pour satisfaire ses adversaires n’a rien d’une victoire diplomatique.
Abandonner Israël face aux radicaux : un calcul dangereux pour la France
Que croient donc obtenir les responsables qui montrent davantage d’empressement à se démarquer d’Israël qu’à affronter ceux qui justifient la violence ? Une reconnaissance ? Une gratitude ? Le jour où leurs propres institutions sont prises pour cibles, les concessions passées ne constituent aucune protection. L’indulgence accordée à un mouvement ne crée chez lui aucune obligation de loyauté.
Voilà le renversement qui devrait les inquiéter : les premiers exposés à ce calcul sont leurs propres concitoyens, leurs enfants, leurs familles. On prétend préserver leur tranquillité en évitant l’affrontement politique avec les radicaux. Mais quelle tranquillité prépare-t-on si l’on installe la conviction que la menace permet d’obtenir ce que le débat démocratique refuse ?

Défendre l’alliance avec Israël sans céder à l’intimidation
Je veux une France capable de défendre ses institutions sans demander aux Juifs de rendre leur attachement à Israël plus discret. Une France qui refuse de traiter la sécurité d’un peuple allié comme une variable d’ajustement de sa paix intérieure. Une France qui sache reconnaître que céder à une exigence injuste ne la rend pas plus légitime.
Une alliance permet des désaccords et exige de la franchise. Elle est trahie lorsqu’un partenaire est sacrifié dans l’espoir d’obtenir la bienveillance de ceux qui contestent son droit d’exister. Je ne veux pas que mon pays découvre trop tard la valeur d’un allié qu’il aura contribué à isoler.
La France mérite des dirigeants qui sachent distinguer un partenaire exigeant d’un adversaire que leurs concessions encouragent. Leurs responsabilités commencent envers ceux qu’ils prétendent protéger.