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Quel jour manger est-il considéré comme l’équivalent d’un jeûne de deux jours ?

par Équipe UniversTorah, Jeudi 17 Septembre 2026

Quel jour manger est-il considéré comme l’équivalent d’un jeûne de deux jours ?
La Torah ordonne de jeûner à Kippour. Pourtant, la Guémara enseigne qu’un repas pris à un moment précis peut être compté comme deux jours de jeûne. Comment comprendre ce paradoxe ?

Réponse

Il s’agit du 9 Tichri, veille de Kippour.

La Torah ordonne :
וְעִנִּיתֶם אֶת־נַפְשֹׁתֵיכֶם בְּתִשְׁעָה לַחֹדֶשׁ בָּעֶרֶב
« Vous mortifierez vos personnes le neuvième jour du mois, au soir. »

Or, le jeûne de Kippour a lieu le 10 Tichri, et non le 9. La Guémara relève donc cette apparente contradiction :
וְכִי בְּתִשְׁעָה מִתְעַנִּין? וַהֲלֹא בַעֲשׂוֹר מִתְעַנִּין!
« Jeûne-t-on donc le neuvième jour ? Pourtant, c’est le dixième que l’on jeûne ! »

Elle en déduit un enseignement surprenant :
כָּל הָאוֹכֵל וְשׁוֹתֶה בַּתְּשִׁיעִי מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ הִתְעַנָּה תְּשִׁיעִי וַעֲשִׂירִי
« Quiconque mange et boit le neuvième jour, le verset le considère comme s’il avait jeûné le neuvième et le dixième. »

Rachi explique que cette alimentation n’est pas une simple préparation matérielle. Manger la veille permet de prendre des forces afin d’accomplir correctement le jeûne du lendemain. Puisque cette préparation elle-même répond à la volonté de la Torah, elle acquiert la valeur d’une mitsva.

Ainsi, le paradoxe n’est qu’apparent : le 9 Tichri, c’est précisément en mangeant que l’on se prépare à l’« affliction » du 10 Tichri.

Sources : Vayikra 23, 32 ; Guémara Yoma 81b, § 4 ; Rachi sur Yoma 81b.