Réincarnation dans le judaïsme : que dit la Torah sur le Guilgoul ?
La réincarnation appartient pleinement à la tradition juive sous le nom de Guilgoul, mais peut-on en repérer des traces dans l’expérience humaine ? À partir des enseignements du Arizal, de récits transmis par les Sages et de cas modernes étudiés par Ian Stevenson, le professeur Daniel confronte la vision juive de l’âme aux limites de l’explication scientifique. Une enquête à la frontière de la Torah, de la mémoire et de l’identité.

Dans cette première partie, le professeur Daniel Nessim propose moins une démonstration qu’une enquête : que reste-t-il de notre conception de l’identité humaine si certains souvenirs, talents, phobies ou correspondances biographiques semblent dépasser ce qu’une seule existence permet d’expliquer ? La pensée juive part d’un cadre précis : l’homme est constitué d’une âme et d’un corps (נשמה וגוף), et nos Sages enseignent que de nombreuses âmes reviennent dans ce monde afin d’accomplir un Tikoun, une réparation demeurée inachevée dans ce monde ci. C’est le principe du Guilgoul (גילגול), la réincarnation de l’âme. L’enjeu n’est donc pas seulement de demander si la réincarnation existe, mais de savoir si certains phénomènes observables peuvent être lus comme des traces d’une continuité plus profonde de la personne.
Nous savons très bien que nous sommes constitués d’une âme et d’un corps (נשמה וגוף). Nos Sages nous enseignent qu’aujourd’hui, la plupart d’entre nous possèdent une âme « recyclée », c’est-à-dire qu’elle a déjà vécu dans le passé dans d’autres corps, mais qu’elle a dû revenir afin de réparer quelque chose (Tikoun). C’est le concept de la réincarnation (גילגולים).
À quels signes pouvons-nous reconnaître que nous sommes un Guilgoul ? Existe-t-il une preuve scientifique de la réincarnation ?1
Peut-on porter en soi les traces d’une vie antérieure ?
Je me souviens d’un ami de Boston qui avait l’habitude d’appeler son fils de 12 ans un idiot savant. Son fils, un élève moyen, jouait du piano comme un professionnel sans avoir jamais pris la moindre leçon. On peut se demander : comment se fait-il que tant de personnes possèdent des talents innés ou des capacités prodigieuses, comme jouer d’un instrument, dessiner, parler des langues étrangères, être particulièrement doués en mathématiques, etc… ? Et tout cela avec peu ou pas d’apprentissage préalable. Est-il possible que ces talents soient un vestige d’une vie antérieure ?

Dans son Shaar HaGuilgoulim, du Rav 'Haim Vital d’après son maitre le Arizal, nous trouvons un appui à cette idée lorsqu’il est dit que les individus dont la racine de l’âme se trouve en Caïn maîtriseront les travaux manuels, tandis que ceux dont la racine de l’âme se trouve en Abel maîtriseront la parole.2
Dans le même ordre d’idées, certaines personnes ont dès la naissance des peurs totalement injustifiées (phobies). Quelqu’un qui est terrifié par l’eau aurait-il pu se noyer dans une vie antérieure ? Là encore, cela semble pointer vers la réincarnation. Mais cela ne constitue pas une preuve scientifique suffisante.
Là encore, le Shaar HaGuilgoulim appuie cette idée lorsqu’il affirme que les individus dont l’âme a une racine en Caïn peuvent paniquer en présence d’eau.3
Un autre phénomène intéressant, que vous et moi avons ressenti plusieurs fois dans notre vie, est le déjà vu, où nous avons soudain l'impression d'avoir déjà vécu ce que nous vivons en ce moment. Par exemple, nous visitons un endroit ou rencontrons quelqu’un pour la première fois, et nous avons l’impression que cela s’est déjà produit.
La science explique le déjà vu comme un bref décalage neurologique dans lequel le signal de familiarité du cerveau se déclenche une fraction de seconde avant que son système de récupération de la mémoire ne puisse fournir le contexte.
Cependant, le Shaar HaGuilgoulim4 donne un exemple intéressant lorsque Nabal HaKarmeli, un riche propriétaire terrien de la région de Carmel décrit comme un homme dur et avare qui refusa d'aider David, fut saisi d’une grande peur en apprenant que David voulait le tuer.
Le verset précis dans Shmuel (25 ; 37) dit :
יָּמָת לִבּוֹ בְּקִרְבּוֹ וְהוּא הָיָה לְאָבֶן
Son cœur mourut au-dedans de lui, et il fut comme une pierre
Le Arizal explique que Naval HaKarmeli fut frappé d’une telle peur parce que son Mazal (son âme) se souvenait qu’il avait auparavant été puni en étant réincarné en pierre (אבן). Une pierre est silencieuse, ce qui correspond à sa mauvaise parole dans ses incarnations précédentes en tant que Lavan et Bilaam HaRacha. Autrement dit, puisque Naval s’était une nouvelle fois rendu coupable de mauvaise parole (contre le roi David), il éprouva une sorte de déjà vu de sa punition précédente, dont il était encore coupable.
Les ressemblances peuvent-elles constituer des indices ?
Certains vont même jusqu’à souligner de fortes ressemblances physiques et des expériences similaires entre des personnages célèbres du passé et leurs réincarnations actuelles. Dans son magnifique ouvrage The Revolution (vol.1), Rav Zamir Cohen, établit des parallèles entre de nombreux dirigeants, artistes, scientifiques, du passé et des personnalités plus récentes qui, fait intéressant, partageaient des apparences physiques ainsi que de nombreux traits de caractère ou expériences de vie.5 Bien que cela semble loin d’être scientifique, Shaar HaGuilgoulim affirme que Rabbi Yishmael Kohen Gadol était beau parce qu’il était un Guilgoul de Yosef HaTzadik.6 Il affirme également que Rav Chéchet était aveugle parce qu’il était une réincarnation de Bava Ben Bouta, qui avait été rendu aveugle par Herod.7

Couvertures des ouvrages de Rav Zamir Cohen, réunissant Les deux traductions en francais et anglais de ses livres Révolution et The Coming Revolution dans une composition symbolisant la rencontre entre science, Torah et Kabbala.
L’intérêt de l’approche du Rav Zamir Cohen ne réside pas dans la prétention de faire d’une ressemblance physique ou biographique une preuve de la réincarnation, mais dans la possibilité d’interroger ce que la pensée moderne considère trop rapidement comme de simples coïncidences.
Dans une perspective philosophique juive, l’identité d’un être ne se réduit pas à son corps ni même à la somme de ses souvenirs : elle renvoie à une forme intérieure, à une vocation et à une finalité qui dépassent l’existence biologique particulière, selon une logique que l’on retrouve, sous des formulations différentes, chez le Rambam, le Maharal et le Ramhal. Dès lors, si le Guilgoul est admis comme hypothèse métaphysique, il devient concevable qu’une même racine spirituelle puisse se manifester à travers plusieurs existences sans que celles-ci soient matériellement identiques, de même qu’une même structure intelligible peut recevoir des expressions différentes.
Les ressemblances relevées par Rav Zamir Cohen n’établissent donc rien au sens scientifique du terme, mais elles peuvent acquérir une valeur indicative lorsqu’elles s’inscrivent dans un ensemble plus vaste de correspondances de caractère, de destin, de fonction ou d’épreuve.
La véritable question n’est donc pas de savoir si une ressemblance physique peut, à elle seule, prouver la réincarnation, mais si l’identité profonde de l’homme se réduit à son corps, à sa mémoire et à sa personnalité visible. La pensée juive affirme au contraire que l’être humain possède une dimension spirituelle irréductible au biologique, une Néchama dont l’existence, la mission et la destinée dépassent les limites d’une seule vie.
Dès lors, le Guilgoul ne se présente pas comme un attrait ésotérique, mais comme une conséquence possible d’une conception plus vaste de l’homme. Nous parlons de celle d’un être dont l’identité véritable ne s’épuise pas dans ce qui apparaît, et dont l’histoire spirituelle peut excéder le cadre d’une existence unique.
Pour un lecteur non croyant ou agnostique, l’intérêt commence précisément ici : non dans la recherche d’une preuve forcée de la réincarnation, mais dans la remise en cause d’une évidence rarement interrogée, celle qui réduit l’identité humaine au corps, à la mémoire et aux mécanismes psychologiques. La pensée juive pose une question plus radicale : et si ce que nous appelons une personne ne se limitait pas à ce que la matière permet d’observer, mais procédait d’une identité spirituelle plus profonde, capable de traverser les formes successives de l’existence ?
2 500 cas de souvenirs de vies antérieures étudiés
Scientifiquement, Dr. Ian Stevenson8 a documenté 2 500 cas de souvenirs rapportés de vies antérieures au cours de sa carrière. Les cas les plus intéressants sont ceux de souvenirs de vies antérieures chez de jeunes enfants, car il est difficile de soutenir que leurs déclarations proviennent d’un mélange de souvenirs antérieurs de leur vie actuelle. À titre d’exemple le cas de James Leininger,9 est l’un des plus documentés parmi les récits d’enfants affirmant se souvenir d’une existence antérieure. Dès l’âge de deux ans, ce garçon américain fut sujet à de violents cauchemars d’accident d’avion et déclara avoir été un pilote américain abattu par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il donna ensuite plusieurs indications précises, notamment le nom du porte-avions sur lequel il disait avoir servi et celui d’un autre pilote, ainsi que des circonstances relatives à sa mort. Ses parents rapprochèrent progressivement ces déclarations du destin de James M. Huston Jr., pilote américain mort pendant la guerre, et certaines affirmations de l’enfant auraient été consignées avant cette identification, ce qui renforce l’intérêt documentaire du dossier.
Le cas ne démontre pas scientifiquement la réincarnation. Il constitue toutefois un ensemble de données suffisamment précises et partiellement vérifiables pour justifier une enquête sérieuse sur les explications possibles, qu’elles soient psychologiques, informationnelles ou, pour ceux qui l’envisagent, métaphysiques.
Marques de naissance et malformations : les observations de Stevenson
Dr. Stevenson a également étudié plus de 200 cas comportant des marques de naissance ou des malformations congénitales vérifiées. Il constata que les jeunes enfants qui se souvenaient spontanément de vies antérieures présentaient fréquemment des phobies comportementales et des marques de naissance correspondant directement aux blessures mortelles ou aux problèmes médicaux du défunt. En comparant ces caractéristiques physiques avec des dossiers hospitaliers et des rapports d’autopsie, il conclut que la réincarnation constituait l’explication la plus convaincante de ces souvenirs non appris et de ces anomalies physiques.
Voici quelques exemples. Un garçon indien, né avec une brachydactyly10 unilatérale exceptionnellement rare n’affectant que sa main droite, se souvenait de la vie d’un enfant d’un village voisin dont les doigts de la main droite avaient été sectionnés dans une machine motorisée servant à couper du fourrage. Dr. Stevenson documenta ce cas comme un exemple frappant de malformation structurelle localisée, notant que la main gauche de l’enfant était entièrement normale tandis que sa main droite reproduisait précisément le schéma de l’amputation traumatique du garçon décédé.

Patrick Christenson (États-Unis) est né avec une marque au cou, une opacité cornéenne et une boiterie inexpliquée. Patrick affirmait avoir des souvenirs de son demi-frère aîné décédé, James. Dr. Stevenson vérifia à l’aide des dossiers hospitaliers que les marques de naissance et les caractéristiques physiques de Patrick correspondaient directement à la cicatrice de perfusion intraveineuse de James, à son œil rendu aveugle par une tumeur et à sa boiterie liée au cancer.
Quand une rencontre semble réveiller quelque chose d’antérieur
Un autre aspect intéressant pouvant indiquer des Guilgoulim est une affinité ou une antipathie immédiate envers des inconnus : nous aimons certaines personnes mais en détestons d’autres, sans véritable raison, parfois simplement sur la base de leur apparence physique.11 Le Noam Elimelekh mentionne que deux personnes peuvent s’aimer parce qu’elles étaient voisines dans Gan Eden avant de descendre ici en tant que Guilgoulim.12
Le Sefer 'Hassidim décrit comment des personnes peuvent s’aimer ou se détester sans raison apparente parce que leur Mazal (leur destinée spirituelle) sait rétroactivement que, dans le futur, leurs descendants se marieront entre eux ou se disputeront.13
Pourquoi tant de cas de réincarnation concernent-ils des non-Juifs ?
Il est important de noter que nos Sages affirment que les Guilgoulim chez les non-Juifs sont rares.14 Pourtant, la grande majorité des cas rapportés dans la littérature, comme les quelques exemples mentionnés ici, concernent principalement des non-Juifs. À partir de là, nous pouvons seulement imaginer combien de cas existent chez les Juifs.

Une représentation symbolique du Guilgoul : plusieurs existences semblent se transmettre à travers le temps, tandis que l’ADN et les instruments scientifiques rappellent la question centrale du dossier : l’identité humaine se réduit-elle au corps, ou peut-elle porter une continuité plus profonde ?
Les sources juives ne disent pas que le Guilgoul concerne exclusivement les Juifs ; elles étudient surtout le destin spirituel d’Israël. Le Cha’ar HaGuilgoulim développe principalement le Tikoune des âmes juives à travers les Mitsvote, les fautes et les racines d’âme, mais il évoque aussi des âmes liées aux nations et aux convertis. Dans la perspective du Rav Moché Shapira, l’histoire d’Israël ne se comprend pas seulement comme une succession d’événements, mais comme le déploiement d’un processus spirituel dans lequel chaque âme participe à un Tikoune qui dépasse son existence individuelle.
Cela explique pourquoi les maîtres d’Israël s’intéressent avant tout au parcours des âmes juives : leur propos n’est pas de nier ce qui peut se produire chez les nations, mais d’exposer la structure spirituelle propre à Israël. Le fait que les enquêtes modernes recensent de nombreux cas chez des non-Juifs ne constitue donc pas une contradiction : ces recherches portent simplement sur les populations observées. On ne peut en déduire que le phénomène serait plus fréquent chez les non-Juifs.
La Kabbala et la recherche contemporaine ne regardent pas le même objet sous le même angle : l’une décrit une architecture spirituelle, l’autre collecte des témoignages humains. C’est précisément pourquoi l’abondance de cas non juifs documentés aujourd’hui n’invalide en rien la prédominance des exemples juifs dans les textes kabbalistiques.
Le Guilgoul dans la Torah, le Talmud et les commentaires
Outre les oeuvres spécifiquement consacrés aux Guilgoulim, comme le Shaar HaGuilgoulim déjà mentionné ou le Séfer Guilgoulei Neshamot du Rama mi-Pano, il existe de nombreuses allusions fortes à la réincarnation dans le Tanakh et le Talmud. Dans le livre de Berechit (46 :30), lorsque Yaakov Avinou voit Yossef son fils et s’exclame maintenant je peux mourir à (אָמ֣וּתָה הַפָּ֑עַם), cela est interprété par nos sages comme : Je ne mourrai qu'une seule fois sans avoir à venir en Guilgoul. Dans le Yiboum (mariage léviratique),15 le Ramban et Rabbénou Bakhya disent que la Néchama (âme) du bébé qui naîtra possédera la Néchama du mari décédé. Lorsqu’une personne tue quelqu’un involontairement, elle doit fuir vers une ville de refuge.

Le Talmud (Makot 10b) raconte qu’une personne ayant tué volontairement et une autre ayant tué accidentellement, toutes deux sans témoins, se rencontreront à nouveau, et celle qui avait tué accidentellement tuera, une nouvelle fois accidentellement, le meurtrier volontaire, et devra ainsi fuir vers une ville de refuge. J’ai entendu que cela peut être interprété comme signifiant que les deux meurtriers initiaux sont revenus en tant que Guilgoulim afin de réparer leurs fautes passées. Il existe de nombreuses références à des réincarnations dans des êtres humains, mais également dans des animaux (celui qui prononce du Lachone HaRa est réincarné en chien), des plantes ou des objets inanimés comme les pierres.
Du Maharal au Steipler : récits de Guilgoulim dans la tradition
Je me souviens d’une histoire extraordinaire que j’ai entendue au sujet d’une femme qui vint voir le Maharal de Prague un vendredi après-midi pour lui demander si son poulet était caché ou non. Le Maharal lui dit de se rendre dans une certaine maison et de demander à l’enfant de cette maison de donner la réponse. Lorsqu’elle arriva dans cette maison, la femme qui lui ouvrit la porte lui expliqua que son fils était sourd-muet depuis sa naissance.
Puisque le Maharal l’avait demandé, elle fit venir l’enfant, qui examina attentivement le poulet et s’exclama Kacher ! La mère fut transportée de joie en entendant son enfant parler pour la première fois de sa vie. Malheureusement, l’enfant décéda ce même Chabbat. Le Maharal prononça un éloge funèbre et expliqua pourquoi cela s’était produit. Cet enfant était un Guilgoul d’un grand Tzadik qui n’avait pas été accepté au Gan Eden parce qu’un jour il avait examiné trop rapidement un poulet qu’on lui avait apporté la veille de Chabbat. Il l’avait déclaré impropre a la consommation (Taref) alors que le poulet était Kacher.
Comme cette famille n’avait pas pu manger de poulet ce Chabbat, il fut condamné à revenir en tant que Guilgoul afin d’effectuer un Tikoun. Il supplia de ne pas revenir, craignant de commettre davantage d’erreurs. Il fut décrété qu’il reviendrait sourd-muet afin de réduire le risque de commettre de mauvaises actions. Le Maharal comprit que ce poulet, aurait permis au Tikoun de s’accomplir et au Tzadik d’atteindre sa haute place au Gan Eden.

Image générée par IA illustrant le récit du Maharal de Prague
Vers 1955, un garçon de quatre ans de Jérusalem, Israel Moché Mandel, aurait manifesté une connaissance extraordinaire de la Torah. Lorsque quelqu’un commençait un Pasouk, une Michna, une Guémara, ou même des passages des Richonim, il était capable de les compléter. Le Steipler mentionne ce phénomène dans son 'Hayei ‘Olam, le décrivant comme connaissant des éléments qu’il n’avait jamais entendus dans cette incarnation, tandis que l’explication populaire le reliait à la Guémara (Niddah 30b), selon laquelle un enfant à naître reçoit l’enseignement de toute la Torah avant sa naissance.
Ce que cette première enquête permet d’établir
À ce stade de notre enquête, un premier constat se dégage : du point de vue de la Torah, le Guilgoul appartient pleinement à la conception juive de l’âme, même si les cas contemporains évoqués ici ne peuvent être placés tous au même niveau de preuve. Certains y verront des indices particulièrement troublants, tandis que d’autres estimeront qu’ils restent insuffisants au regard des critères de la démonstration scientifique.
Mais l’examen ne s’arrête pas là. Deux phénomènes sont régulièrement avancés comme arguments plus substantiels en faveur d’une possible continuité de la conscience au-delà d’une seule existence : les régressions sous hypnose vers des vies antérieures et les expériences de mort imminente. Ce sont ces questions, plus complexes et plus controversées, qui permettront de prolonger cette réflexion dans la suite de ce dossier.
Notes et sources
- Je tiens à remercier Rav Shabtai Gan, chlita et Rav Aharon Pessin, chlita pour les nombreuses sources de Chazal mentionnées ici. Je recommande vivement de regarder la série consacrée à ce sujet réalisée il y a quelques années par Rav David Genish, chlita, disponible sur Torah Anytime (en anglais). ↩
- Shaar HaGuilgoulim, Hakdama 36 :
גם אמר לי, כי קין היה בעל מעשה וציור במלאכות, כנודע ביבל ויובל תולדותיו. אבל הבל, הוא בעל דבור, בסוד הבל הפה. ולכן מי שהוא משרש הבל, הוא דרשן ודברן. ומי שהוא מן קין, אין לו כ"כ כח הדבור, כמו שיש לו כח בציור ומעשיות מלאכות המעשיות.
↩ - Shaar HaGuilgoulim, Hakdama 36 :
גם א"ל מורי ז"ל, כי לפי ששרש קין מן הגבורות הנקראות אש, לכן מי שהוא משרש קין, מתפעל ומתבהל מאד כשרואה המים, וגם ליכנס בתוכם, לפי שהמים מכבים את האש.
↩ - Shaar HaGuilgoulim, Hakdama 22. ↩
- À partir de la p. 235 du livre en anglais. Je dois ajouter ici une mise en garde, car j’ai vérifié le scientifique indiqué ainsi que la référence fournie, mais je n’ai trouvé aucune donnée (le site internet mentionné n’est plus valide). ↩
- Shaar HaGuilgoulim, Hakdama 31. ↩
- Shaar HaGuilgoulim, Hakdama 4. ↩
- Dr. Ian Stevenson (1918–2007) était un psychiatre canado-américain qui consacra quatre décennies à documenter scientifiquement des enfants ayant des souvenirs de vies antérieures, en se concentrant notamment sur les marques de naissance physiques et les dossiers médicaux correspondant à des blessures mortelles. Une édition française de son ouvrage Les enfants qui se souviennent de leurs vies antérieures est répertoriée par la Bibliothèque nationale de France. ↩
- Jim B. Tucker, « The Case of James Leininger: An American Case of the Reincarnation Type », EXPLORE, vol. 12, no 3, 2016, p. 200-207. Notice PubMed. ↩
- La brachydactyly est une affection médicale caractérisée par des doigts ou des orteils anormalement courts en raison d’os insuffisamment développés ou absents. ↩
- Même si vous allez sûrement rire de moi. Je me souviens que, lorsque j’étais petit, « Giuseppe », le fils du concierge de l’immeuble où vivaient mes grands-parents a’h, portait des lunettes à monture en plastique et des chaussures à lacets. Sans aucune raison, je pensais qu’il était très intelligent et j’associais les lunettes à monture en plastique et les chaussures à lacets à l’intelligence. J’étais tellement fier, lors de mon premier jour d’école, de marcher dans les rues de Milan avec mes chaussures à lacets (Baruch Hashem, pas de lunettes avant bien plus tard). 😊 ↩
- Noam Elimelekh (parachat Vaye'hi) :
ואיתא בספרים הטעם שאנו רואים שלפעמים באים שני בני אדם ואוהבים זה את זה מאוד גם שלא היו מכירים זה את זה מקודם כי אם עתה מקרוב באו ונתוועדו יחד ושניהם דבקו יחדיו באהבה רבה. והטעם, מחמת שהיו שכנים זה אצל זה בישיבתם בגן עדן יחד ועתה בבואם להדדי נתעורר בהם אהבה הישנה שהיה בהם בגן עדן.
↩ - Sefer 'Hassidim (siman תתרכ״ג) :
פעמים בני אדם שונאים זה את זה בחינם, ולמה יהיה זה? לפי שלאחר הימים יהיה ריב ומצה בין זרעם ולכך למפרע מזלו של זה בשנאה עם זה, וקצת שנאה דבוק בלב האבות, ואם הדבר כך שלא משום אהבתו של זה את זה מסייע אחד לחבירו להיות לו עזר כנגד טובים כמדין ומואב כנגד ישראל ואין נפרעין בימיו ממנו יתגלגל הדבר שבימי זרעם יפול זה ביד זה, ופעמים אוהבים זה את זה, כי אחר ימים זרעם יתחתנו זה עם זה, ומזלם ידע ורוח האהבה דבוקה בלב האבות.
↩ - Le Ohr HaChaim HaKadosh (Dévarim 14, 1) commente le verset :
בנים אתם להשם אלקיכם לא תתגדדו ולא־תשימו קרחה בין עיניכם למת
Le mot « אתם » distingue Israël des nations. Pour Israël, la mort n’est pas une disparition définitive : nous restons les enfants de Hashem et nous retournerons vers Hashem, c’est-à-dire que l’âme est immortelle. La déduction logique semble être que ce n’est que pour les Juifs que la mort n’est pas une disparition (אבדה למת). ↩ - Le Yiboum est un commandement biblique. Lorsqu’un homme marié meurt sans descendants, l’un de ses frères paternels survivants est appelé à épouser la veuve afin de perpétuer la maison et le nom de son frère décédé (Dévarim 25, 6). Si le Yiboum n’est pas accompli, le lien est dissous par une cérémonie formelle appelée 'Halitzah (חליצה), après quoi la veuve est libre d’épouser quelqu’un en dehors de la famille. Aujourd’hui, la 'Halitzah est généralement pratiquée plutôt que le Yiboum. ↩
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Édité par universtorah.com à partir du texte du Professeur Daniel Nessim