Shaare Zedek : Alya de médecins juifs au service des malades
À Shaare Zedek, deux spécialistes venus de Londres et de Miami commencent une nouvelle vie. Leur arrivée touche Rav Haïm Levy, qui ressent la même fraternité envers les médecins juifs venus de France ou d’ailleurs pour soigner en Israël. À la joie de partager désormais leur avenir se mêle une peine : celle de voir l’antisémitisme abîmer l’attachement de tant de Juifs à une France qu’ils ont profondément aimée.

À Jérusalem, Shaare Zedek accueille deux médecins expérimentés qui ont fait leur Alya avec leurs familles : Jeremy Rees, venu de Londres, et Daniel Aghion, arrivé de Miami. Leur installation réjouit Rav Haïm Levy, qui connaît le bonheur et les exigences de ce nouveau départ. Elle éveille aussi sa tristesse devant l’antisémitisme qui blesse les Juifs de France, jusque dans les lieux consacrés au soin, et leur attachement à un pays tant aimé.
Deux médecins, deux familles, une nouvelle vie à Jérusalem. Derrière l’annonce de leurs nominations, il y a cette décision considérable : transporter son existence ailleurs, retrouver des repères et mettre son expérience au service des malades en Israël. Pour les patients de Shaare Zedek, leur arrivée pourra signifier un avis supplémentaire, un suivi spécialisé, une opération. Voilà ce qui me réjouit d’abord : des compétences acquises pendant des années deviennent disponibles ici, auprès de nos frères et de tous ceux qui ont besoin de soins.
De Londres et Miami, deux spécialistes rejoignent Jérusalem
Dans son annonce officielle, Shaare Zedek présente le Dr Jeremy Rees comme un neuro-oncologue possédant plus de trente années d’expérience. Venu de Londres, il prend la direction de l’unité de neuro-oncologie du centre de cancérologie Helmsley. Cette activité associe neurologie et oncologie pour accompagner des patients confrontés à des cancers complexes.

Le Dr Daniel Aghion arrive de Miami pour diriger l’unité de chirurgie rachidienne du département de neurochirurgie. L’établissement souligne sa volonté de renforcer les soins spécialisés proposés aux habitants de Jérusalem et aux patients venus du reste du pays.
Qu’ils viennent de France, de Grande-Bretagne ou des États-Unis, ces médecins juifs éveillent le même sentiment de fraternité. Les savoirs et les accents diffèrent ; nous partageons désormais une terre, des préoccupations et un avenir. Leur installation me touche comme celle de proches venus prendre leur part de notre vie commune, auprès des malades.
La France aimée et la douleur de l’antisémitisme
Pour des Juifs attachés à la France, envisager un départ peut avoir une saveur douloureuse. Une langue, des études, des collègues, des souvenirs heureux composent une vie. Puis vient parfois cette inquiétude : faudra-t-il se justifier d’être juif, dissimuler son attachement à Israël, surveiller chaque parole ? La tristesse naît aussi de cet écart entre le pays aimé et celui où l’on peine désormais à se sentir pleinement chez soi.
Perdre un médecin, pour la France, représente aussi une perte humaine : un savoir, une expérience, des liens avec des patients. Si la peur pousse un soignant juif au départ, la blessure est profonde. Il avait consacré sa vie à soulager les autres ; lui aussi avait droit à la protection et au respect.
Les faits donnent à cette inquiétude un poids précis. Le ministère de l’Intérieur a recensé 1 320 actes antisémites en 2025. Malgré une baisse de 16 % sur un an, leur niveau demeure historiquement élevé. Chaque départ envisagé dans ce climat pose à la France une question douloureuse sur sa capacité à protéger ses citoyens juifs.
L’hôpital lui-même exige une vigilance particulière. En novembre 2023, le Conseil national de l’Ordre des médecins dénonçait des graffitis antisémites dans un hôpital parisien et rappelait les exigences de non-discrimination. Dans une chambre, on soigne une personne, quelles que soient sa religion et sa nationalité. Que la haine franchisse cette porte est insupportable. UniversTorah a également consacré une analyse à la confiance des patients juifs dans les soins.
Il faut nommer et combattre l’antisémitisme, les intimidations islamistes et les complaisances qui les banalisent. Les Juifs ne doivent jamais être abandonnés à ceux qui les menacent. Une société qui laisse leurs agresseurs imposer la peur compromet la sécurité de tous ses habitants. Sa responsabilité est de protéger, de poursuivre et de sanctionner.
Accueillir ces médecins, renforcer la vie en Israël
Installé à Jérusalem depuis mon Alya en 1997, je connais l’importance de l’accueil des nouveaux immigrants. Mes visites aux malades me rendent particulièrement sensible à l’arrivée de médecins capables de les accompagner. Je ressens à la fois la peine des liens que l’on desserre et la joie de partager désormais un avenir en Israël.

Accueillir ces familles demande aussi des gestes simples : une invitation pour Chabbat, une explication patiente, un contact utile pour une démarche. Même un médecin expérimenté peut avoir besoin d’aide pour trouver sa place dans un nouveau pays. Son conjoint et ses enfants traversent, eux aussi, leur propre installation.
Il y a un bonheur particulier à pouvoir leur dire bienvenue chez vous, en leur laissant le temps de devenir familiers des lieux. Une famille accueillie chaleureusement trouve plus facilement sa place ici.
Leur choix renforce concrètement Israël, sa capacité à soigner et la confiance dans son avenir. À Shaare Zedek, cette contribution prendra la forme quotidienne de consultations, de décisions médicales et de présence auprès des familles. Bienvenue aux docteurs Rees et Aghion. Que leur nouvelle vie leur apporte des amitiés solides, une place heureuse et la satisfaction d’exercer leur métier à Jérusalem.