Lorsqu’une catastrophe survient à plusieurs milliers de kilomètres, nous regardons les images avec effroi, puis la vie reprend malgré nous. En découvrant ce qui s’est passé au Népal, j’ai ressenti l’envie d’être là, de tendre la main, d’apporter de l’eau ou de soulager une famille. C’est dans ma nature de vouloir faire quelque chose lorsque des êtres humains souffrent. Pourtant, la bonne volonté ne suffit pas. Le Népal est loin et intervenir au milieu des crues, de la boue et des routes détruites exige des professionnels formés. Sans compétence, un élan généreux peut même compliquer le travail des secours.
Après les inondations, IsraAID déploie une équipe au Népal
Cette impossibilité d’agir moi-même me fait regarder avec plus de respect ceux qui ont préparé leurs sacs et repris la route. Il ne s’agit pas de transformer l’action israélienne en slogan : la souffrance des habitants du Népal n’est pas un décor destiné à nous mettre en valeur. Mais il est juste de parler de ceux qui acceptent la distance, le danger et la fatigue pour soulager. Le 26 août 2026, une crue brutale chargée de glace, de roches et de boue a dévasté le nord du pays. Au 31 août, le bilan dépassait 900 morts et des milliers de personnes restaient portées disparues, selon l’Associated Press. Ces chiffres sont provisoires ; derrière chacun, une famille attend, cherche ou pleure.
Onze ans plus tard, les liens sont toujours là
Dès le lendemain, IsraAID a annoncé l’envoi d’une équipe humanitaire d’urgence. Sa mission n’est pas de conduire les opérations techniques de sauvetage, mais de distribuer des produits indispensables, de protéger les plus vulnérables et d’apporter un soutien psychologique. Chacun aide là où il possède une véritable compétence. Ce que je ne peux accomplir depuis chez moi, ces femmes et ces hommes savent le faire avec une organisation, une expérience et une connaissance du terrain.

Certains membres de l’équipe avaient déjà travaillé au Népal après le séisme de 2015. IsraAID était restée jusqu’en 2019 et affirme avoir accompagné plus de 600 000 personnes, notamment dans la protection et la santé mentale. Onze années ont passé, mais les personnes aidées ne sont pas seulement des inconnus sur une carte. Il y a des villages reconnus, des partenaires retrouvés, peut-être des voix et des visages dont on se souvient. On revient là où une confiance a déjà été construite.
Ce que les organisations annoncent, et ce qui reste à mesurer
World Jewish Relief s’est également mobilisée avec le Community Self Reliance Centre, partenaire népalais arrivé sur place dès les premières vingt-quatre heures. L’objectif annoncé est concret : fournir de l’eau potable, de la nourriture, des médicaments, des abris et l’essentiel aux personnes déplacées. Cette manière d’agir me paraît juste. Aider ne signifie pas arriver avec son drapeau et prétendre savoir mieux que ceux qui vivent sur place. Cela peut vouloir dire écouter une organisation locale et lui donner les moyens d’intervenir rapidement. La générosité véritable ne cherche pas le centre de l’image.
Il faut rester honnête : un communiqué raconte une mobilisation, pas encore tous ses résultats. Nous savons que des équipes sont engagées ; il faudra mesurer ce qui a été distribué, à qui et pendant combien de temps. Cette précision n’affaiblit pas l’émotion, elle la protège et empêche que la douleur des victimes soit absorbée par un beau récit parlant surtout de nous-mêmes.
Le ‘Hessed, une bonté qui devient action
Dans la tradition juive, le 'Hessed n'est pas un sentiment vague : c'est une bonté qui se met en mouvement. Ça commence par repérer une faille, un vide chez l'autre, puis ça fait le chemin, ça franchit la distance, et ça s'incarne dans un geste brut, concret, efficace.
Le monde se construit par la bonté (Psaumes 89, 3), non par les seuls discours.
Qu'il s'agisse de tendre la main au bout du monde ou d'accompagner l'épreuve au quotidien, la démarche reste la même : refuser la passivité, regarder le besoin en face et apporter une réponse concrète.
Je voudrais pouvoir aider directement ces pauvres victimes et prendre une part de leur fardeau. Je ne le peux pas ; il faut accepter cette limite sans transformer son impuissance en grandes paroles. Je peux néanmoins soutenir et faire connaître le travail de ceux qui possèdent les compétences nécessaires. Au Népal, des humanitaires israéliens et juifs sont revenus vers des populations qu’ils connaissaient. Ils ne supprimeront pas le désastre, mais apporteront de l’eau, des soins, un abri ou une présence. C’est peu face à l’immensité de la catastrophe, mais pour une famille privée de tout, recevoir cette aide à temps peut changer une journée et sauver une vie. Leur action donne une forme à la bonne volonté ressentie de loin. Elle rappelle que la bonté commence avec l’émotion, mais devient véritable lorsqu’elle trouve le moyen juste, humble et professionnel d’atteindre celui qui souffre.
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