Aller au contenu

Choisir une ville

Pensée juive Philosophie juive

Philosophie juive : grands penseurs, œuvres et concepts sur la foi, la raison, la liberté, le mal, l’histoire et la connaissance de Dieu.

Lien copié

Les ennemis d’Israël ne dorment jamais, le Berger d’Israël non plus

Depuis trois mille ans, les ennemis d’Israël cherchent à anéantir le peuple juif. Du projet d’Haman au 7 octobre, la haine persiste, mais Israël survit. Après trois années de guerre, la Torah et le Maharal éclairent ce mystère : une alliance divine que nul ennemi n’a réussi à briser.

Les ennemis d’Israël ne dorment jamais, le Berger d’Israël non plus
Israël face aux nations hostiles : des empires ont disparu, le peuple juif demeure, debout sur sa terre ancestrale, fidèle à sa Torah et résolu à défendre Jérusalem. Illustration IA.
Cliquer pour écouter
Powered by UniversTorah
00:00 / 00:00

Depuis le massacre du 7 octobre 2023, Israël affronte une guerre sur plusieurs fronts, le terrorisme, les familles endeuillées et le traumatisme de toute une nation. Mais ce peuple, que les persécutions, les exils et les empires n’ont jamais réussi à faire disparaître, continue de combattre, de bâtir et de transmettre, refusant que ses ennemis décident de son avenir.

La Torah éclaire cette résistance exceptionnelle : la survie d’Israël n’est pas seulement une victoire sur l’Histoire, elle témoigne d’une fidélité millénaire à une alliance, une terre et une destinée que les siècles n’ont pu effacer.

La haine d’Israël traverse les siècles, mais ne raconte jamais toute l’histoire

La Haggada de Pessa’h formule ce vertige sans détour :

 שֶׁבְּכָל דּוֹר וָדוֹר עוֹמְדִים עָלֵינוּ לְכַלּוֹתֵנוּ,
À chaque génération, on se dresse contre nous pour nous anéantir.
Histoire du peuple juif, des persécutions anciennes à la renaissance de l’État d’Israël
De l'exil et des épreuves de l'Histoire jusqu'au retour de sa souveraineté, le droit d'Israël à vivre et à se défendre demeure un impératif universel. Généré par l'IA pour Universtorah.

L’Égypte de Pharaon, le projet d’Haman, les persécutions de l’Europe chrétienne et l’entreprise génocidaire nazie n’ont ni les mêmes doctrines ni les mêmes circonstances. Leurs différences sont considérables. Mais pourquoi l’existence juive a-t-elle si souvent été perçue comme une présence à supprimer ?

Hamas et Hezbollah : la disparition d’Israël figure dans leurs propres textes

Cette menace n’est pas une construction de la peur israélienne. Le document politique publié par le Hamas en 2017, malgré son vocabulaire moins ouvertement antisémite que la charte de 1988, refuse explicitement la légitimité de l’État d’Israël et revendique la libération de toute la Palestine entre le Jourdain et la Méditerranée. Le programme fondateur du Hezbollah de 1985 annonce, quant à lui, que sa lutte ne prendra fin qu’avec l’effacement de l’entité israélienne.

Ces textes permettent de juger les intentions proclamées de ces organisations, sans attribuer leurs objectifs à tous les Palestiniens, aux Libanais ou aux musulmans. Israël affronte des mouvements armés et des idéologies déterminés à le combattre, non une religion entière. Refuser les amalgames n'autorise pas à minimiser leurs menaces, ensuite mises en actes.

Le 7 octobre a révélé le prix tragique d’une menace sous-estimée

Le 7 octobre 2023, les terroristes du Hamas et d’autres groupes armés ont massacré environ 1 200 personnes en Israël et emmené 251 otages à Gaza, selon le bilan rappelé par Reuters au troisième anniversaire. Des familles ont été assassinées chez elles ; des jeunes ont été tués au festival Nova ; des localités entières ont été frappées. Ce crime ne fut pas seulement une attaque contre une armée. Il visa la vie quotidienne des Juifs dans leur propre pays.

Véhicules calcinés sur le site du festival Nova après le massacre terroriste du 7 octobre 2023
Vue aérienne du désastre sur le site du festival Supernova près de Re'im après les attaques terroristes du 7 octobre 2023, montrant des dizaines de véhicules abandonnés et incendiés.

La blessure fut aussi psychologique : les Israéliens avaient bâti un État précisément pour ne plus dépendre de la seule bonne volonté d’autrui. Et voilà que des citoyens furent livrés, pendant des heures, à une violence que leur pays n’avait pas su empêcher. La foi ne demande pas de nier cette faillite. Au contraire, elle oblige à reconnaître les erreurs, à secourir les victimes et à restaurer une responsabilité publique digne de leur sacrifice.

Israël après le 7 octobre : trois ans de guerre sur plusieurs fronts

De Gaza au Liban, des attaques venues d’Iran aux menaces liées aux Houthis du Yémen, la guerre a débordé le théâtre initial. Dans son bilan publié en octobre 2026, Tsahal décrit un affrontement sur sept fronts et reconnaît sa défaillance du 7 octobre. Les données d’ACLED signalent une baisse de la violence depuis certains cessez-le-feu, sans disparition des affrontements.

Israël a enterré des soldats, soigné des blessés, accueilli des évacués et vécu l’angoisse des familles d’otages. Mais ses villes fonctionnent, ses enfants apprennent, ses réservistes combattent. L’interception d’innombrables projectiles, la mobilisation des soignants et la solidarité de communautés entières ont sauvé des vies.

Soldats israéliens portant le cercueil d’un militaire lors de funérailles au mont Herzl
La famille et les amis assistent aux funérailles de Bezalel Yehoshua Mosbacher, soldat de Tsahal, au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, le 27 juillet 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Si la maîtrise technique et le courage des hommes expliquent les résultats concrets sur le terrain, le croyant, lui, y voit surtout l’action et la main de la Providence. Pour autant, ce regard spirituel ne masque pas la réalité : il n’efface ni les échecs, ni le lourd tribut humain payé dans la guerre.

Le Maharal explique pourquoi l’alliance avec Israël ne peut être abolie

Le Maharal de Prague, dans le Netsa’h Israël (chapitre 11), établit une distinction décisive entre l’individu et la collectivité d’Israël, le klal Israël. La destinée d’un individu est soumise aux blessures, aux fautes et à la mort. L’alliance conclue avec les Patriarches, elle, engage un peuple à travers le temps ; elle ne se résume pas à la somme des destins individuels. Le Maharal explique ainsi pourquoi l’exil n’a pas annulé l’attachement fondamental entre Dieu et Israël.

La Torah avait déjà donné cette clef :

 וְאַף גַּם זֹאת בִּהְיוֹתָם בְּאֶרֶץ אֹיְבֵיהֶם לֹא מְאַסְתִּים ... לְכַלֹּתָם,
Même lorsqu’ils seront dans le pays de leurs ennemis, Je ne les rejetterai pas ... au point de les anéantir  Vayikra (26, 44).

La promesse ne dit pas que l’histoire sera sans larmes. Elle affirme qu’aucune catastrophe n’a le pouvoir de révoquer définitivement l’alliance.

C’est précisément pourquoi il serait indécent de répondre à une mère endeuillée que la survie collective compense la mort de son enfant. Le Maharal permet de comprendre la continuité du peuple sans réduire les pertes humaines à des détails secondaires.

Le Gardien d’Israël : la Providence divine face à la guerre

Le Psalmiste proclame :

הִנֵּה לֹא־יָנוּם וְלֹא יִישָׁן שׁוֹמֵר יִשְׂרָאֵל,
Voici, le Gardien d’Israël ne sommeille ni ne dort Téhilim (121, 4).
Jérusalem sous une lumière céleste symbolisant le Gardien d’Israël face aux menaces de guerre
Le Gardien d’Israël ne dort pas » : une représentation symbolique de la Providence divine veillant sur Israël et Jérusalem au milieu des épreuves. (Image générée par IA)

L’expression n’implique pas qu’aucun ennemi ne pourra tuer. Elle dit que l’existence d’Israël ne disparaît jamais du regard divin, même lorsque ce regard demeure incompréhensible aux hommes.

Le même Tanakh déclare :

Si l’Éternel ne garde la ville, c’est en vain que veille le gardien Téhilim (127, 1).

Mais le verset parle bien d’un gardien qui veille. La Torah ne commande pas de laisser les portes ouvertes au nom de la confiance. Nos maîtres enseignent qu’on ne compte pas sur le miracle Pessa’him (64b). Protéger une frontière, entraîner des soldats, rechercher les responsables d’une défaillance et sauver les vies sont des devoirs, non des concessions faites à un manque de foi.

La Providence, dans cette perspective, ne remplace ni les décisions humaines ni le courage du combattant. Elle les oblige à une gravité supérieure : on n’abandonne pas le peuple que l’on croit confié à sa responsabilité.

Depuis 1948, le peuple juif ne survit plus seulement : il reconstruit son avenir

Le 14 mai 1948, après la Shoah et des siècles sans souveraineté nationale, l’État d’Israël fut proclamé ; la guerre suivit immédiatement, comme le rappelle la Bibliothèque nationale d’Israël. L’extraordinaire n’est pas seulement qu’un peuple persécuté ait survécu. C’est qu’il ait rétabli une vie politique, une langue publique, des maisons d’étude, des universités, des hôpitaux, une armée et des générations nées sur leur terre.

Famille israélienne et soldat contemplant Jérusalem, symboles de résistance et de continuité du peuple juif
Face aux guerres et aux épreuves, la résilience et la dignité du peuple juif : unis sur leur terre, les citoyens et les soldats d’Israël continuent de défendre leur avenir avec fierté. (Image générée par IA)

Après trois années terribles, il faut regarder Israël sans naïveté, mais sans oublier ce qui se déploie sous nos yeux : des familles retournent là où elles ont eu peur, des communautés enterrent leurs morts et entreprennent de relever leurs maisons, des soldats reprennent une existence civile qu’ils ont suspendue pour défendre leurs proches. Ce sont des réalités humaines. La foi peut y discerner davantage, sans prétendre démontrer le Ciel par une statistique.

Les ennemis d’Israël peuvent préparer d’autres attaques, et la vigilance doit rester entière. Ils peuvent infliger des blessures profondes. Mais ils n’ont pas obtenu le pouvoir de déterminer la fin de notre histoire. Voilà ce que la Haggada enseigne quand elle poursuit : « וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַצִּילֵנוּ מִיָּדָם », « Et le Saint, béni soit-Il, nous délivre de leurs mains ». Depuis trois mille ans, Israël continue d’écrire la phrase suivante.

Voir aussi

Sujets traités

État d'Israël Guerre Israël Hamas Hezbollah providence Shoah Haman Pharaon

Commentaires

Soyez le premier à commenter !

Laisser un commentaire

/ lignes