Michal et Tal pensaient se marier dans environ un an. Mais lorsque l’état de santé de Hannah, la mère de Michal, s’est aggravé, ils ont pris une décision qui changeait tout leur programme : avancer leur mariage et le célébrer à l’hôpital Shaare Tsedek de Jérusalem, afin qu’elle puisse être présente auprès de sa fille.
Il y a des mariages que l’on prépare pendant des mois, parfois davantage. Et puis il y a ceux pour lesquels l’essentiel devient soudain très simple : avoir sa mère près de soi sous la houpa.
Un mariage avancé d’un an
Hannah est hospitalisée dans l’unité de soins intensifs chirurgicaux de Shaare Tsedek. Son état nécessite un apport continu d’oxygène à haut débit, ce qui rend normalement très difficile une sortie du service, même pour quelques instants. Michal et Tal auraient pu maintenir leur mariage à la date prévue. Ils ont préféré avancer la cérémonie d’environ un an et l’organiser en famille au plus près de Hannah.
Restait un problème de taille : comment permettre à une patiente aussi dépendante de son assistance respiratoire de quitter momentanément les soins intensifs ? Les équipes de Shaare Tsedek ont alors cherché une solution.
Selon l’hôpital, Hannah a été équipée d’un dispositif permettant de maintenir un apport d’oxygène à haut débit tout en fonctionnant grâce à une batterie offrant une autonomie prolongée. Elle pouvait ainsi être déplacée tout en restant accompagnée et surveillée par l’équipe spécialisée en assistance respiratoire.
La préparation a mobilisé plusieurs services de l’établissement, notamment le service des affaires religieuses, l’unité de soins respiratoires ainsi que les équipes médicales et infirmières des soins intensifs chirurgicaux.
Des soins intensifs jusqu’à la houpa
Le moment venu, Hannah a pu quitter temporairement son service, accompagnée par les soignants de l’unité respiratoire. Quelques mètres dans les couloirs d’un hôpital peuvent parfois représenter beaucoup plus qu’un long voyage. La ceremonie avait été installée dans l’espace réservé aux familles du département chirurgical. Des dizaines de proches et d’amis de Michal et Tal étaient présents. Hannah a ainsi pu rejoindre sa fille et assister à son mariage, pendant que l’équipe médicale continuait de veiller sur elle.

Les photographies diffusées par Shaare Zedek montrent cette rencontre entre une mère hospitalisée et sa fille devenue mariée. Ce jour-là, un espace habituellement associé aux soins et à l’inquiétude a accueilli une houppa et une famille venue célébrer.
Je connais assez bien Shaare Zedek puisque j’ai l’occasion de m’y rendre régulièrement pour visiter des malades, essayer de leur apporter un peu de bonne humeur et, parfois, simplement passer quelques instants avec eux. C’est sans doute aussi pour cela que cette histoire m’a particulièrement touché.
Dans un hôpital, on croise évidemment la maladie, l’attente et les inquiétudes. Mais on découvre également beaucoup de gestes que l’on ne voit pas toujours de l’extérieur. Des médecins, des infirmiers et d’autres membres du personnel qui cherchent parfois une solution simplement parce qu’un événement compte énormément pour un malade ou pour sa famille.
Quand l’hôpital s’adapte à la vie
Dans cette histoire, la médecine n’a évidemment pas disparu derrière l’émotion. C’est même exactement le contraire. Hannah n’a pu rejoindre le mariage que parce que son assistance respiratoire a été maintenue et que son déplacement s’est effectué sous accompagnement médical rapproché. Le dispositif utilisé permettait précisément de concilier ces deux impératifs : poursuivre les soins et lui permettre de vivre ce moment familial.
C’est peut-être ce qui rend cette histoire aussi sympathique. Personne n’a prétendu oublier la maladie pendant quelques heures. On a simplement fait tout ce qui était médicalement possible pour que, malgré elle, une mère puisse rester une mère et accompagner sa fille le jour de son mariage.
Les proches ont ensuite souhaité à Hannah un prompt rétablissement. Pour Michal et Tal, ce mariage ne s’est certainement pas déroulé comme ils l’avaient imaginé un an auparavant.
Mais leur décision rappelle une chose très simple : il existe des jours où le lieu compte finalement beaucoup moins que les personnes que l’on réussit à avoir près de soi. Et voir une houppa dressée entre les murs d’un hôpital fait partie de ces images que l’on est simplement heureux de partager.
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