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Guides La techouva selon Rabbenou Yona : revenir à D.ieu et reconstruire sa vie
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5. Réparer envers les autres : argent, paroles, blessures et pardon

Certaines fautes ne se réparent pas uniquement entre l’homme et D.ieu. Lorsqu’une autre personne a été lésée, la techouva doit entrer dans le réel : rendre, corriger, apaiser et demander conseil lorsque la réparation elle-même peut créer un nouveau dommage.

Les fautes ben adam lehavero (entre une personne et son prochain) demandent une attention particulière. La Michna enseigne que Yom Kippour n’expie pas les fautes envers autrui tant que la personne lésée n’a pas été apaisée, Yoma 85b. Le Rambam reprend cette règle et explique qu’il faut notamment restituer ce qui est dû et demander pardon, Rambam, Hilkhot Techouva 2:9.

Quand de l’argent appartient à quelqu’un d’autre

Le cas le plus évident est celui d’une dette ou d’un bien pris injustement. Le regret, le vidouï et la résolution ne rendent pas l’argent à son propriétaire. La réparation doit donc toucher la réalité financière créée par la faute.

Les situations modernes sont parfois complexes : erreur de facturation, temps de travail détourné, matériel de l’employeur utilisé contrairement aux règles, somme retenue, achat mal comptabilisé, associé lésé. Il faut éviter les solutions improvisées lorsque l’on ne sait pas exactement ce que la halakha exige.

Pour les questions d’argent, demandez un psak

Si la restitution n’est pas parfaitement simple, exposez les faits à un Rav compétent en dinei mamonot. Il faut savoir à qui rendre, combien rendre et de quelle manière.

Demander pardon sans se justifier

Une demande de pardon peut être vidée de son sens par une justification. « Je suis désolé, mais tu m’as poussé à bout » partage immédiatement la faute avec l’autre. « Je suis désolé que tu l’aies mal pris » suggère que le problème se trouve dans sa sensibilité.

Une demande plus honnête nomme l’acte : « Je t’ai parlé avec mépris devant les enfants. Je n’aurais pas dû. Je te demande pardon. » Avec un enfant : « J’ai crié sur toi alors que je pouvais te corriger sans t’humilier. » Au travail : « J’ai laissé penser que l’erreur venait de toi alors que je savais qu’elle venait de moi. »

Les fautes de parole demandent parfois beaucoup de prudence

Le lachon hara et les paroles dites en l’absence de la personne posent une difficulté spécifique. Aller raconter à quelqu’un tout ce qui a été dit sur lui peut parfois créer une douleur nouvelle ou un conflit qui n’existait pas. Il ne faut donc pas appliquer automatiquement une règle simpliste du type : « J’ai fauté, je dois tout lui révéler. »

Avant de révéler une parole blessante

Si la personne ignore ce qui a été dit et que l’aveu risque de la blesser davantage, demandez à un Rav compétent comment faire techouva et comment demander pardon sans provoquer un nouveau dommage.

Lorsque l’humiliation était publique

Si vous avez accusé un enfant devant toute la famille puis découvert qu’il était innocent, une excuse privée peut ne pas suffire à corriger l’image laissée aux autres. Il peut être nécessaire de rétablir la vérité devant ceux qui ont entendu l’accusation.

Au travail, si vous avez laissé un responsable attribuer une erreur à un collègue, la techouva peut demander de corriger cette fausse impression. Mais lorsqu’une rectification risque d’avoir des conséquences financières ou professionnelles sérieuses, il faut demander conseil.

Réparer la confiance

Il existe des dommages qu’une phrase ne répare pas immédiatement. Un conjoint qui a été régulièrement méprisé, un enfant auquel on a souvent fait des promesses non tenues ou un associé qui a découvert plusieurs dissimulations peuvent avoir besoin de temps avant de retrouver confiance.

Dans ces cas, demander pardon reste essentiel, mais la suite de la techouva se démontre dans la durée. Arriver à l’heure après avoir constamment été en retard. Tenir les engagements pris. Parler avec respect même lorsque la tension revient. Informer honnêtement lorsqu’une erreur se produit. La nouvelle conduite devient elle-même une partie de la réparation.

Quatre questions pour préparer la réparation

Qui a été lésé ? Quel dommage reste encore aujourd’hui ? Qu’est-ce que je peux réparer directement ? Quel point exige l’avis d’un Rav avant d’agir ?

Les proches ne doivent pas devenir les oubliés de la techouva

Il est parfois plus facile d’être poli avec un invité qu’avec son conjoint, plus patient avec un client qu’avec ses enfants, plus respectueux avec une connaissance qu’avec ses parents. La familiarité peut rendre certaines fautes presque invisibles.

Rabbenou Yona demande un examen vrai. La proximité ne diminue pas la responsabilité. Une parole dure à la maison reste une parole dure. Une promesse faite à un enfant mérite d’être respectée. Une humiliation conjugale ne devient pas légère parce que personne à l’extérieur ne l’a entendue.

La techouva envers autrui est ainsi l’un des endroits où l’on découvre le plus clairement la sincérité du retour. Elle transforme une émotion religieuse en actions visibles : rendre, corriger, apaiser, reconnaître et reconstruire.