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Guides La techouva selon Rabbenou Yona : revenir à D.ieu et reconstruire sa vie
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Chapitre 1/6

1. La techouva : comprendre ce que signifie réellement revenir à D.ieu

Avant de parler de regret, de vidouï ou de réparation, il faut comprendre ce qu’est la techouva et pourquoi elle reste possible même après des fautes répétées. Rabbenou Yona ouvre précisément par cette porte : D.ieu a donné à l’homme un chemin de retour.

La techouva (retour vers D.ieu et abandon de la faute) n’est pas seulement un sentiment de culpabilité. C’est un mouvement complet de la personne : reconnaître qu’une direction était mauvaise, s’en détourner et revenir vers ce que D.ieu attend. Dans le Chaarei Techouva, Rabbenou Yona présente ce retour comme une immense bonté accordée à l’être humain. Une faute n’oblige donc pas à rester enfermé dans son passé. Elle crée une responsabilité, mais elle ouvre aussi la possibilité d’un changement réel.

La première révolution : comprendre que le retour est possible

Lorsqu’une personne a fauté une fois, elle peut encore se dire qu’elle va changer. Lorsqu’elle a répété la même faute pendant des mois ou des années, une autre pensée apparaît : « C’est devenu moi. » C’est précisément là que la notion de techouva devient essentielle. La Torah ne réduit pas l’homme à son passé. Il possède encore un libre choix et peut reprendre une direction différente.

Le Rambam résume la démarche en expliquant que le fauteur doit abandonner sa faute, la retirer de sa pensée comme projet, regretter le passé et décider de ne pas y revenir. Cette démarche s’exprime aussi par le vidouï (confession verbale devant D.ieu). Voir Rambam, Hilkhot Techouva 2:2. Rabbenou Yona développe ces éléments avec une grande finesse dans le premier portail du Chaarei Techouva.

Deux erreurs doivent être évitées. La première consiste à banaliser : « Tout le monde fait pareil, ce n’est pas si grave. » La seconde consiste à désespérer : « J’ai déjà essayé plusieurs fois, ma techouva ne vaut plus rien. » La bonne voie prend la faute au sérieux sans fermer la porte du retour.

Une porte qui reste ouverte

Le point de départ n’est pas d’être déjà parfait. Le point de départ est d’accepter que votre prochaine décision peut être différente de la précédente.

Nommer ce qui doit changer

Une techouva vague produit souvent un changement vague. Dire « je dois être meilleur » ne précise ni la faute ni le prochain geste. Il faut apprendre à décrire une situation avec honnêteté.

Un père rentre fatigué, son enfant fait du bruit et il lui parle avec dureté. Il peut dire : « J’étais épuisé, je n’avais pas le choix. » Cette phrase transforme une circonstance réelle en justification. Une formulation plus juste serait : « J’étais épuisé, cela explique pourquoi j’ai perdu patience, mais je n’aurais pas dû lui parler ainsi. » La personne ne nie pas la difficulté. Elle refuse simplement d’en faire une permission.

Au travail, quelqu’un passe régulièrement du temps sur son téléphone alors qu’il est payé pour une tâche précise. Avant de parler de techouva, il doit définir ce qui se passe réellement : s’agit-il d’une pause autorisée, d’une distraction légère ou d’un temps détourné contrairement aux règles de l’employeur ? Si de l’argent ou des obligations contractuelles sont concernés, la question pratique peut nécessiter l’avis d’un Rav.

Passer de l’identité à l’acte

Une personne qui a menti peut finir par penser : « Je suis un menteur. » Une personne qui s’emporte facilement peut se définir comme quelqu’un de colérique. Cette manière de parler est dangereuse lorsqu’elle transforme une habitude en identité définitive. La techouva demande au contraire de dire : « J’ai ce comportement, il est mauvais, et je dois travailler pour le quitter. »

Il ne s’agit pas de minimiser une mauvaise habitude. Plus elle est installée, plus le travail devra être sérieux. Mais l’habitude n’annule jamais le devoir de changer ni la possibilité d’y parvenir.

En pratique

Choisissez une faute récente. Formulez trois phrases : ce que j’ai fait, ce qui n’allait pas, et ce que j’aurais dû faire. Cette précision prépare tout le reste de la techouva.

Commencer par un point concret

Une personne peut découvrir dix domaines à corriger en même temps : la téfila, la patience, le téléphone, le respect du conjoint, le temps d’étude, la parole. Vouloir tout transformer en une journée conduit souvent à l’épuisement. Il faut distinguer l’exigence de la Torah de la méthode de progression.

Par exemple, celui qui consulte constamment son téléphone pendant son étude peut commencer par établir trente minutes sans appareil. Cela ne signifie pas que les distractions restantes sont devenues bonnes. Cela signifie qu’il construit un espace réel dans lequel sa décision peut vivre.

De même, quelqu’un qui répond sèchement à sa famille lorsqu’il travaille peut préparer une nouvelle règle : lorsqu’on l’interrompt, il répond d’abord calmement qu’il termine dans deux minutes, au lieu de réagir avec colère. Cette petite organisation n’est pas toute la techouva, mais elle transforme une intention en possibilité concrète.

Lorsque vous ne savez pas si l’acte est interdit

Une personne ne doit pas inventer seule la halakha. Si le cas touche au Chabbat, à la cacherout, à l’argent, à la vie conjugale, à une obligation envers autrui ou à une situation complexe, demandez à un Rav compétent de définir la conduite correcte.

Redevenir vrai devant D.ieu

Le premier pas de la techouva ne demande pas une émotion spectaculaire. Il demande une vérité. Reconnaître que D.ieu a raison, que l’acte doit être quitté et que l’on veut reprendre une autre direction. Une personne peut encore ressentir l’attirance pour une mauvaise habitude tout en décidant qu’elle ne veut plus lui obéir.

Ce premier chapitre pose donc le fondement de tout le parcours : sortir de l’excuse sans tomber dans le désespoir. À partir du moment où la faute est identifiée honnêtement, le cœur peut commencer à la regretter et la volonté peut préparer le changement.