Thèmes Avoda Zara concept

À savoir
Qu'est-ce que l'Avoda Zara ?
L'Avoda Zara (littéralement : culte étranger) désigne, dans la tradition juive, tout acte de culte rendu à une entité autre que D.ieu. C'est l'un des interdits les plus fondamentaux du judaïsme, présent dans les Dix Commandements et répété tout au long du Tanakh. La Torah condamne fermement toute forme de polythéisme, d'idolâtrie ou de représentation sculptée ou figurée de D.ieu.
Une des trois fautes capitales
La Halakha classe l'Avoda Zara parmi les trois interdits de la catégorie yéhareg vé'al yavor - on préfère mourir plutôt que les transgresser, aux côtés du meurtre et de la débauche. Elle figure également parmi les sept lois des Bnei Noa'h, c'est-à-dire les préceptes universels que la Torah impose à toute l'humanité. Le Talmud et le Choulhane Aroukh développent en détail les lois qui en découlent.
L'enseignement du Rambam
Le Rambam (Maïmonide) occupe une place centrale dans la compréhension de cet interdit. Dans son Michné Torah, il explique que toute représentation corporelle de D.ieu constitue déjà une forme d'Avoda Zara. Selon lui, la négation de la corporéité divine est au coeur même de la philosophie juive et de la croyance en l'unicité absolue de D.ieu (Monothéisme strict).
Le combat biblique contre l'idolâtrie
Le Tanakh retrace un combat constant du peuple juif contre les pratiques idolâtres des peuples de Canaan. Le livre de Devarim ordonne explicitement de détruire les autels et les statues des nations. Les prophètes - notamment Yéchayahou et Yirmiyahou - comparent l'infidélité à D.ieu par l'idolâtrie à un adultère spirituel, signe de la gravité de cette faute dans la vision morale de la Torah.
Application pratique aujourd'hui
Même si le contexte idolâtrique antique a disparu pour l'essentiel, les lois sur l'Avoda Zara restent étudiées et appliquées. Elles encadrent notamment les relations commerciales avec certains milieux, la présence dans des lieux de culte non juifs, et la fabrication ou la possession d'objets liés à un culte étranger. Le traité talmudique Avoda Zara est entièrement consacré à ces questions pratiques et leurs nombreuses implications dans la vie quotidienne.
Lois de Avoda Zara concept : questions-réponses pratiques
Il est permis de se faire photographier. Il n’y a pas à craindre l’interdit de « tu ne feras pas pour toi d’image sculptée ou de représentation ». Même selon ceux qui sont rigoureux concernant la photographie, il est permis de photographier uniquement la moitié supérieure du corps. Il en va de même pour une photo de profil, où l’on ne voit qu’un côté du visage, un œil et une oreille. Tout cela relève d’une attitude de piété pour les rares personnes qui souhaitent être strictes, mais selon la halakha, la coutume s’est largement répandue d’être indulgent dans tous les cas de photographie, en particulier lorsqu’il s’agit de renforcer l’amour de la Torah. Cette pratique est également courante chez ceux qui sont scrupuleux dans l’observance des mitsvot.
Les vêtements spécifiques aux non-juifs, dont les juifs se sont écartés pour des raisons de pudeur, comme les habits féminins sans manches portés par des femmes dévergondées en public, et dont les filles d'Israël pudiques se sont abstenues pour préserver la pudeur, sont interdits aux femmes qui les portent en public. Certains estiment qu'en plus de l'interdiction liée à l'impudeur, qui entraîne la faute du public qui les regarde, il existe aussi une interdiction de la Torah du fait de « vous ne suivrez pas leurs lois ». Il est dit : « Vous ne suivrez pas les lois du non-juif. » Même s'il y a ceux qui pensent que tant qu'il n'y a pas d'intention de ressembler aux non-juifs, il n'y a pas d'interdiction à ce titre, et c'est aussi l'avis de Maran le Beit Yossef, il demeure de toute façon une interdiction de la Torah à cause de l'impudeur et du principe de « devant l'aveugle tu ne mettras pas d'obstacle ».
Il est permis de dessiner des formes d’animaux domestiques, d’animaux sauvages, d’oiseaux, de poissons, ainsi que des formes d’arbres et de plantes, même en relief. Cependant, il n’est pas approprié de dessiner de telles images sur les murs d’une synagogue, afin de ne pas perturber la concentration des fidèles pendant la tefila.
Les Sages ont enseigné qu’il vaut mieux pour une personne se jeter dans une fournaise ardente plutôt que d’humilier son prochain en public. Certains comprennent cela au sens littéral, qu’il faudrait se laisser tuer plutôt que d’humilier autrui. Selon l’avis du Meiri, il s’agit d’une expression exagérée et non littérale. Par conséquent, il n’est pas nécessaire de se laisser tuer pour éviter d’humilier son prochain.
Il est permis d’accrocher sur les murs de la maison des images ou des photos d’animaux et d’oiseaux, que ce soit sous forme de dessin ou de photographie, à condition qu’elles n’aient pas été réalisées dans un but idolâtre mais simplement pour la décoration ou un usage similaire. Il est également permis de regarder ces images et de profiter de leur beauté.
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