Thèmes Bein Hametsarim

À savoir
Bein Hametsarim : une période de deuil national
Bein Hametsarim (« entre les détroits ») désigne les trois semaines de deuil qui s'étendent du 17 Tamouz jusqu'au Tich'a BeAv. Cette expression est tirée du livre Eikha, qui décrit l'exil de Juda après la destruction du Premier Temple : « Tous ses poursuivants l'ont atteinte entre les détroits. » Le Midrach précise que ces jours de détresse courent du 17 Tamouz au Tich'a BeAv.
Les événements commémorés
Le 17 Tamouz marque la brèche dans les murailles de Jérusalem avant la destruction du Second Temple, et selon certaines opinions, également celle du Premier Temple. Le Tich'a BeAv clôture cette période en commémorant la destruction des deux Beth Hamikdach. La Halakha fixe un ensemble de pratiques de deuil qui s'intensifient au fil des jours, selon les prescriptions du Talmud, traité Taanit.
Les degrés de deuil
Les coutumes de deuil s'articulent en plusieurs niveaux. Dès le 17 Tamouz, on observe un jeûne (Taanit) et l'on s'abstient de certains plaisirs. À partir de Roch 'Hodech Av, les pratiques se renforcent : on évite la viande, le vin, les coupes de cheveux et les habits neufs. La semaine dans laquelle tombe le Tich'a BeAv voit une intensification supplémentaire, culminant avec le jeûne complet du Tich'a BeAv lui-même.
La lecture des Haftarot de punition
Durant les trois Chabbatot de Bein Hametsarim, on lit trois Haftarot dites « Talt dePouranoutah » (trois de punition), tirées des prophètes, évoquant les châtiments liés aux fautes du peuple d'Israël. Le Tich'a BeAv, on lit le livre Eikha à la synagogue, qui pleure la destruction de Jérusalem et la Galouth.
Les deux Temples et la Galouth
Bein Hametsarim rappelle la destruction du Premier Temple par Nabuchodonosor (586 av. EC) et celle du Second Temple par Rome (70 EC). Ces deux catastrophes inaugurèrent de longues périodes d'exil. La Galouth qui en découle est au cœur de la méditation de ces trois semaines, tandis que la Géoula, la délivrance future, reste l'espérance qui traverse tout ce deuil.
Vers la consolation
Le Tich'a BeAv est aussi, selon nos Sages, la date de naissance du Machia'h, signe que la Géoula germe au sein même de la destruction. Après ces semaines de deuil, la période de consolation commence avec les sept Haftarot de réconfort qui précèdent Roch Hachana. D'autres jeûnes du calendrier hébraïque, comme le 10 Tevet ou le Tsom Guedaliah, rappellent également les étapes de la chute du Premier Temple et s'inscrivent dans le même cycle de mémoire nationale.
Lois de Bein Hametsarim : questions-réponses pratiques
La viande de volaille est considérée comme la viande de bétail, et il ne faut pas en consommer depuis Roch Hodech Av jusqu'au dixième du mois. Celui qui ne peut pas se passer de viande pour des raisons de santé mangera au moins de la viande de volaille, car elle n'était pas offerte au Beth Hamikdash, et la véritable joie n'est atteinte qu'avec la viande de bétail.
Un malade qui a déjà guéri et, sur conseil médical, est parti en convalescence, a le droit de manger de la viande pendant ces jours. En tout cas, s'il peut se contenter de poisson, qui n'est pas concerné par l'interdiction, il ne doit pas se permettre de manger de la viande.
Un Juif dont la subsistance dépend du fait de jouer de la musique avec des instruments devant des gens, et qui ne connaît pas d'autre métier, et qui le fait chez des non-Juifs, sans intention de réjouissance mais uniquement parce qu'il n'a rien à manger, il est permis de lui permettre de jouer d'instruments de musique même après Roch Hodech Av. Cependant, s'il le fait devant des Juifs, cela est interdit en toute circonstance à partir du 17 Tamouz, même s'il joue devant des Juifs qui ne respectent pas la Torah et les mitsvot, car il les fait trébucher en leur faisant écouter de la musique instrumentale durant ces jours.
A partir de l'entrée du mois de Av, on diminue la joie. Un Juif qui a un litige ou une procédure judiciaire avec un non-Juif doit éviter de se présenter devant le tribunal pendant ces jours de malheur, et il est préférable de ne s'y présenter qu'après le 10 Av. De même, si quelqu'un doit subir une opération chirurgicale qui peut être repoussée après le 9 Av, il est souhaitable de la différer.
Même dans les endroits où les Ashkénazes ont l'habitude de ne pas porter les vêtements de Chabbat à Chabbat Hazon, si une brit mila a lieu ce jour-là, les personnes impliquées dans la brit mila doivent porter les vêtements de Chabbat. Elles ne doivent pas retirer ces vêtements après la mila, car ce n'est que si la brit mila a lieu le jour même de Tich'a Beav que les personnes concernées retirent les vêtements de Chabbat, de façon à poursuivre les kinot après la mila, ainsi que la lecture de Iyov et de Yirmiyahou.
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