Thèmes Taanit Esther

À savoir
Taanit Esther : le jeûne de la veille de Pourim
Taanit Esther est un jour de jeûne observé le 13 Adar, veille de Pourim. Contrairement aux autres jeûnes du calendrier juif comme Tich'a BeAv, le 10 Tevet ou le 17 Tamouz, ce jeûne ne figure pas explicitement dans le Talmud, mais apparaît dans les Midrashim et chez les Guéonim de Babylone. Son statut halakhique est celui d'un minhag (usage), ce qui lui confère des règles moins strictes que les jeûnes institués par les prophètes.
Origine historique : le récit de Méguilat Esther
Le récit se trouve dans Méguilat Esther. Le roi Assuérus, manipulé par Haman l'Agaguite, décréta l'annihilation du peuple juif pour le 13 Adar. Mordekhai exhorta Esther à intercéder auprès du roi, ce qu'elle accepta malgré le danger mortel que cela représentait. Elle demanda à son peuple de jeûner trois jours avant qu'elle n'approche Assuérus. Ce jeûne collectif précéda le retournement de situation et la pendaison de Haman.
Pourquoi ce jeûne porte le nom d'Esther
Selon Rav A'haï Gaon et Rabbenou Tam, Taanit Esther commémore non pas les trois jours de jeûne précédant la démarche d'Esther, mais le jeûne que les Juifs observèrent le 13 Adar lui-même, jour où ils combattirent leurs ennemis. Puisque les combattants ne peuvent jeûner, seule Esther, protégée dans le palais, jeûna ce jour-là - d'où le nom du jeûne. Le Rambam précise : « Le 13 Adar est le souvenir du jeûne observé aux jours de Haman, comme il est dit : les paroles des jeûnes et de leur cri. »
Différences avec les autres jeûnes mineurs
Taanit Esther appartient à la catégorie des jeûnes mineurs, comme le Tsom Guedaliah ou le 10 Tevet. Sa particularité est d'être un jeûne de victoire et de délivrance plutôt qu'un jeûne de deuil. Il commence à l'aube et se termine à la nuit tombée. Femmes enceintes, allaitantes et personnes malades peuvent, selon la Halakha, être exemptées. Des Selichot sont récitées lors de la prière de Cha'harit.
Date et décalages calendaires
En règle générale, Taanit Esther se tient le 13 Adar. Mais lorsque Pourim tombe un dimanche, le jeûne est avancé au jeudi 11 Adar afin de ne pas empiéter sur Chabbat. Lors d'une année de Adar I et Adar II, le jeûne est toujours fixé en Adar II, le mois où Pourim est célébré. Ce décalage illustre la logique halakhique qui préserve la cohérence du calendrier juif.
Le jeûne dans la pratique contemporaine
Taanit Esther est suivi par l'ensemble du peuple juif, séfarades et ashkénazes. La journée se clôture par la lecture de Méguilat Esther et l'entrée dans la fête de Pourim. Le traité Taanit du Talmud fournit le cadre général des jeûnes, dans lequel s'inscrit cette journée particulière. Les Selichot propres à ce jeûne, les dons aux pauvres (matanot laevyonim) et la joie de Pourim qui suit en font une transition spirituelle unique dans le calendrier hébreu.
Lois de Taanit Esther : questions-réponses pratiques
Lorsque le 13 Adar tombe un Chabbat et que l’on avance le jeûne au jeudi, si l’on s’est trompé et que l’on a mangé ce jeudi, il est bon de jeûner le vendredi.
Au temps de Mordekhai et Esther, les Juifs se sont rassemblés le treize Adar pour se défendre contre leurs ennemis et avaient besoin de miséricorde afin que leurs adversaires ne puissent pas les dominer. Ils se sont donc tenus en prière et en supplications, et ont jeûné ce jour-là, tout comme Moshé Rabbénou lorsqu'il combattit Amalek, il jeûna et pria, et Israël l'emporta. Hachem, le D.ieu de nos pères, a entendu leurs supplications et a agréé leur techouva et leur jeûne. Le jour où leurs ennemis cherchaient à les dominer, la situation s'est inversée et les Juifs ont dominé leurs adversaires, tuant soixante-quinze mille de leurs ennemis, sans compter ceux tués à Chouchan Habira, et aucun Juif ne manqua à l'appel. Ce ne fut ni par la force ni par la puissance, mais par l'esprit d'Hachem Tsévaot. C'est pourquoi il est d'usage dans toutes les communautés juives de jeûner ce jour-là chaque année, en souvenir du miracle qui leur est arrivé. Ce jeûne est appelé "Taanit Esther".
Si le treize Adar tombe un Chabbat, on avance le jeûne au jeudi, qui est le onzième Adar.
Lorsqu’on lit la Torah à Min’ha pendant le jeûne d’Esther, seuls ceux qui jeûnent peuvent monter à la Torah. Si le lévi présent à la synagogue ne jeûne pas, qu’il sorte ou reste à l’intérieur, il ne doit pas être appelé à la Torah ; il faut alors appeler un kohen qui jeûne à la place du lévi.
Les quatorzième et quinzième jours du mois d'Adar sont interdits aux oraisons funèbres et au jeûne, partout, que ce soit pour les habitants des villes qui célèbrent Pourim le quinzième seulement, ou pour ceux des bourgs qui le célèbrent uniquement le quatorzième.
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