Thèmes Kiddouchin

À savoir
Qu'est-ce que le Kiddouchin ?
Le Kiddouchin - ou acte de consécration - est l'étape halakhique par laquelle un homme consacre une femme et l'unit exclusivement à lui selon la Torah. Ce terme dérive de la racine hébraïque kodech (sainteté), signifiant qu'elle devient interdite à tout autre homme, à l'image d'un objet sanctifié. Après le Kiddouchin, la femme est considérée comme échet ich (femme mariée) et ne peut épouser un autre homme, même si les époux ne cohabitent pas encore. Le mariage juif (Mariage juif) se déroule en deux étapes : le Kiddouchin (consécration), puis les Nessouim (entrée sous l'autorité du mari), symbolisés aujourd'hui par la Houpa.
Les trois modalités du Kiddouchin
Le traité talmudique Kidouchin (Seder Nachim) liste trois façons valides d'accomplir le Kiddouchin : par l'argent ou un objet de valeur équivalente (kessèf), par un acte écrit (chtar), ou par la cohabitation intentionnelle (bi'a). Cette troisième voie a été interdite par les Sages en raison du manque de pudeur qu'elle implique - thématique directement liée aux lois de Relations & Pudeur. Aujourd'hui, la pratique universellement adoptée est de remettre une bague sans pierre précieuse, dont la valeur est aisément estimable, conformément aux prescriptions du Choulhane Aroukh (Even Haézer, simanim 26-65).
Le Kiddouchin dans le Talmud et la Halakha
Le traité talmudique Kidouchin appartient au Seder Nachim avec ses traités jumeaux Ketoubot et Yevamot. Ketoubot traite notamment de la Kétouba, document contractuel remis à la femme lors du mariage, qui protège ses droits financiers. Yevamot aborde le lévirat, situation halakhique étroitement liée au Kiddouchin. Le traité Guittin, quant à lui, expose les lois du Get (acte de divorce), seule procédure capable d'annuler le lien du Kiddouchin. Le Rambam codifie l'ensemble de ces lois dans ses Hilkhot Ichoutt (Michné Torah).
La fusion des deux étapes au Moyen Âge
À l'époque de la Michna et du Talmud, une période d'environ un an séparait le Kiddouchin des Nessouim, permettant au couple de se préparer à leur vie commune. Au Moyen Âge, ces deux étapes ont été fusionnées en une seule cérémonie - la Houpa - car de nombreux fiancés disparaissaient après le Kiddouchin, laissant leur épouse en état d'agouna (femme enchaînée, incapable de se remarier). Depuis lors, la cérémonie connue sous le nom de «Houpa et Kiddouchin» unit les deux étapes en un seul rite public.
Les implications pour la vie du Couple et de la Famille
Le Kiddouchin est la pierre angulaire sur laquelle repose la structure de la Famille juive. Il instaure un cadre de Sexualité halakhique défini par la Torah et le Talmud : la vie intime entre époux est non seulement permise mais constitue une mitsva. Le Choulhane Aroukh encadre précisément les droits et devoirs réciproques découlant du Kiddouchin : droits alimentaires, vestimentaires et conjugaux de la femme, obligations de l'homme. Le non-respect de ces engagements peut, dans certains cas, ouvrir une procédure de Get.
Sources halakhiques principales
Les sources fondamentales du Kiddouchin sont : le Tanakh (Devarim 22:13 et 24:1), la Michna (traité Kidouchin, chapitre 1, michna 1), le Rambam (Hilkhot Ichoutt, chapitres 1 à 10) et le Choulhane Aroukh (Even Haézer, simanim 26-65). Le Sefer Hamitsvot du Rambam recense cette mitsva sous le numéro 213, et le Sefer Ha'hinoukh sous le numéro 552.
Lois de Kiddouchin : questions-réponses pratiques
La coutume des Séfarades et des communautés orientales est de célébrer la houppa sous un toit, sans insister pour qu'elle ait lieu à ciel ouvert, et il n'est pas nécessaire de changer cette coutume.
Pour un heresh (homme sourd-muet) ou une hereshet (femme sourde-muette) qui se marient, il ne faut pas réciter la berakha des eroussin (bénédiction des fiançailles), car cela constituerait une berakha levatala (bénédiction en vain). En effet, l'obligation de cette bénédiction incombe à celui qui effectue le kiddouchine, et le rabbin qui officie ne fait que l'acquitter de son obligation. Or, si le marié est sourd et n'entend pas la bénédiction, celle-ci est considérée comme vaine. En revanche, les cheva berakhot (sept bénédictions du mariage), qui sont des bénédictions de louange, sont récitées même pour un heresh ou une hereshet.
La coutume est que celui qui officie les kiddouchin récite à la fois la bénédiction du vin et la bénédiction "Achèr kidchanou bemitsvotav vetsivanou al haarayot...", sans partager ces bénédictions entre deux personnes.
Si un homme fait le kiddouchine d'une femme avec du hamets d'ordre rabbinique, ou avec des interdits de jouissance d'ordre rabbinique uniquement, sans fondement dans la Torah, la femme est mekoudeshet. Mais si c'est avec du hamets d'ordre toranique pendant des heures d'interdit rabbinique, ou avec du hamets d'ordre rabbinique pendant des heures d'interdit toranique, il y a un doute sur le kiddouchine. Si l'interdit est entièrement d'ordre toranique, comme du hamets d'ordre toranique pendant des heures d'interdit toranique, la femme n'est pas mekoudeshet.
Si le fiancé a donné la bague à la femme et que c'est la femme qui a prononcé la formule, il y a un doute sur la validité du kiddouchine et l'on craint, d'un point de vue rabbinique, que le mariage soit effectif.
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