Thèmes Relations & Pudeur

À savoir
La tsniout : une valeur centrale de la vie juive
La tsniout (pudeur, modestie) est l'une des valeurs fondamentales de la Halakha. Elle englobe bien davantage qu'un simple code vestimentaire : c'est une disposition intérieure qui guide le comportement, le langage et les relations entre les personnes. Le Choulhane Aroukh consacre de nombreuses lois à cette notion, qui touche aussi bien les hommes que les femmes, même si ses expressions pratiques diffèrent selon le genre.
Les lois du vêtement et de la modestie corporelle
Pour la femme juive, les lois de tsniout définissent les parties du corps à couvrir en public (bras, jambes, décolleté), ainsi que l'obligation de couvrir les cheveux après le mariage. Ces règles, fondées sur des sources talmudiques et codifiées par le Rambam et les Posekim, visent à préserver la dignité de la personne et à orienter les regards vers la valeur spirituelle plutôt que corporelle.
Le yihoud : l'interdit de se retrouver en isolement
L'une des lois les plus connues en matière de relations est celle du yihoud, qui interdit à un homme et une femme qui ne sont pas mariés ensemble de se retrouver seuls dans un endroit fermé. Cette règle, détaillée dans le Talmud et codifiée dans la Halakha, s'applique dans de nombreux contextes de la vie quotidienne, y compris au travail ou dans les soins médicaux.
Les harhakot : distances de séparation entre époux
Les harhakot désignent l'ensemble des distances et restrictions physiques qui s'appliquent entre mari et femme pendant la période de nida (impureté rituelle liée au cycle féminin). Ces lois, présentées dans les traités talmudiques et détaillées par le Choulhane Aroukh (Yoré Déa), sont au coeur des lois de taharat hamichpa'ha (pureté familiale).
La pudeur dans les relations hommes-femmes en dehors du mariage
Au-delà du mariage, la Halakha encadre strictement les interactions entre hommes et femmes non mariés. Le toucher physique (néguia) est interdit entre personnes du sexe opposé non mariées. Ces lois visent à préserver la sainteté des relations et à éviter toute transgression des frontières établies par la Torah.
La tsniout, reflet de la keducha (sainteté)
Pour les maîtres de la Torah, la tsniout n'est pas une contrainte extérieure mais l'expression d'une conscience de la keducha qui habite chaque juif. Elle reflète la capacité à distinguer le sacré du profane, à donner à chaque chose et à chaque relation sa juste place. Cette valeur, transmise de génération en génération, est l'un des piliers de la vie juive orthodoxe.
Lois de Relations & Pudeur : questions-réponses pratiques
Il est interdit à une femme de voyager en voiture avec un homme étranger sur des routes peu fréquentées, en particulier tard dans la nuit. Cependant, s'il y a dans le bus trois hommes et trois femmes, il n'y a pas d'interdiction de yihoud. Si les hommes descendent et qu'il ne reste qu'une femme avec le chauffeur, elle doit descendre. Si des voitures passent sur cette route environ toutes les trois minutes, il n'y a pas d'interdiction de yihoud.
Il est interdit à une femme de tendre la main pour serrer celle d'un homme, même si c'est par politesse ou par respect. Si une femme a transgressé et a tendu la main à un homme, il devra lui expliquer avec douceur que cela est interdit selon la Torah et pour des raisons de pudeur, et il ne lui rendra pas la poignée de main.
Il est malheureusement fréquent que des jeunes hommes et femmes fiancés se promènent ensemble et se comportent avec légèreté, en particulier lors de danses pendant des réjouissances. Les grands rabbins ont déjà élevé la voix contre cette pratique, et il incombe aux rabbins et aux dirigeants de mettre en garde avec la plus grande fermeté à ce sujet, et d'expliquer à ceux qui se fiancent la gravité de cet interdit.
Un homme ayant contracté une infection ayant entraîné le gonflement d'un testicule, et pour lequel tous les traitements médicaux ont échoué jusqu'à ce qu'il subisse une ablation du testicule atteint, reste apte à se marier dans la communauté, selon plusieurs raisons. Ceci est d'autant plus vrai que les médecins actuels sont compétents et veillent à ne pas endommager les organes reproducteurs lors de l'opération.
Les filles ayant atteint l'âge de onze ans ne doivent pas chanter devant des hommes. Toutefois, si cela se fait dans un cadre familial restreint, où garçons et filles chantent ensemble et que la voix des femmes ne domine pas celle des hommes, il est permis d'être indulgent, même si le fiancé ou le beau-frère est présent.

