Thèmes Deuil

À savoir
Le deuil juif : une tradition d'accompagnement et de mémoire
Le deuil en judaïsme, appelé avélout, est encadré par une halakha précise qui guide l'endeuillé à travers plusieurs étapes spirituelles et communautaires. Loin d'être un moment d'isolement, il constitue un processus de guérison ancré dans la foi et le soutien familial.
Les étapes du deuil
La première phase est l'aninoute, période entre le décès et l'inhumation. Vient ensuite la Chiva, les sept jours de recueillement où la famille reçoit les visiteurs à domicile. Pendant cette période, le Kaddich est récité quotidiennement, prière qui élève l'âme du défunt - la Néchama - vers le Gan Eden. Après la Chiva, le deuil se poursuit pendant trente jours (Chéloïm), puis une année entière pour un parent.
Le Yahrzeit et le Yizkor
Chaque année, le Yahrzeit marque la commémoration du jour du décès : on allume une bougie et l'on récite le Kaddich. Quatre fois par an, la communauté réunie récite le Yizkor, prière mémorielle collective pour tous les défunts. Ces pratiques rappellent que le lien entre les vivants et ceux qui nous ont quittés ne s'efface jamais.
La dimension théologique
La tradition juive enseigne que l'âme traverse une purification dans le Géhinom avant de rejoindre l'Olam Habba, le monde futur. C'est pourquoi la récitation du Kaddich pendant onze mois - et non douze - témoigne de la confiance des enfants dans la droiture de leurs parents.
Le deuil national : Tich'a BeAv et Bein Hametsarim
Au-delà du deuil individuel, le calendrier juif intègre un deuil collectif. Les Bein Hametsarim (les trois semaines) culminent avec le jeûne du Tich'a BeAv, commémorant la destruction des deux Temples. Ce deuil national partage nombre de pratiques avec le deuil personnel : interdiction de se laver, de porter des chaussures en cuir, de se réjouir.
La famille au coeur du deuil
La Famille joue un rôle central dans l'avélout. Les proches s'organisent pour que l'endeuillé ne soit jamais seul, apportant nourriture et réconfort. La pratique du Bikour Holim - visite aux malades - prolonge cet esprit de solidarité. Le deuil juif est ainsi une école de compassion, où la communauté entière accompagne ceux qui souffrent vers la consolation.
Lois de Deuil : questions-réponses pratiques
Celui qui entre en période de deuil immédiatement après avoir terminé les sept jours de deuil pour un autre défunt a le droit de laver tout son corps à l'eau froide.
Lorsqu’on mentionne son père après douze mois, on dit « Zikhrono livrakha », « Alav hachalom », ou une formule similaire.
Une femme qui s'est remariée après la disparition de son premier mari, alors qu'on avait perdu espoir de l'enterrer, et que par la suite le premier mari est finalement enterré, ou bien le jour du rassemblement de ses ossements, elle n'a pas à observer le deuil pour son premier mari.
Selon le Rambam, il existe une mitsva positive de faire le deuil pour ses proches, comme il est dit : « Ai-je bien fait aux yeux d’Hachem en mangeant la hatat aujourd’hui ? » Le deuil d’origine toranique ne concerne que le premier jour, c’est-à-dire le jour du décès et de l’enterrement. Les autres jours des sept ne relèvent pas de la Torah. Même si la Torah mentionne que l’on fit sept jours de deuil pour son père, la halakha a été renouvelée et c’est Moshé Rabbénou qui a institué pour Israël sept jours de deuil et sept jours de festin. Ainsi, le deuil du premier jour, qui est le jour du décès et de l’enterrement, est d’ordre toranique. Tout cela concerne les sept proches mentionnés précédemment. Pour ceux qui ont été ajoutés, comme le frère ou la sœur du côté maternel, ou la sœur mariée du côté paternel, bien que l’on fasse le deuil pour eux, ce deuil n’est que d’ordre rabbinique, même le premier jour.
Il est obligatoire de déchirer la chemise pour son père ou sa mère, et si l’on porte plusieurs chemises, il faut toutes les déchirer. En revanche, il n’est pas nécessaire de déchirer le maillot de corps, qui est un vêtement de sueur. De même, on ne déchire pas le manteau extérieur (c’est-à-dire la veste, et a fortiori un manteau d’hiver), le talit katan ni le pull. Pour les autres proches, il suffit de déchirer le vêtement supérieur, c’est-à-dire la chemise. La coutume est de déchirer à gauche pour son père ou sa mère, et à droite pour les autres proches.
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