Thèmes Ner Chabbat

À savoir
Une mitsva de lumiere et de paix
Le Ner Chabbat, ou bougies du Chabbat, est l'une des mitsvot les plus fondamentales de la vie juive. Chaque vendredi, avant le coucher du soleil, la femme juive allume au minimum deux bougies et prononce la brakha consacree. Cet acte inaugure le Chabbat et installe dans le foyer une atmosphere de keducha. Le traite Chabbat dans le Talmud explique en detail les raisons et les conditions de cet allumage, soulignant que la lumiere favorise chalom bayit, la paix domestique.
Le modele des Imahot : Sarah et Hannah
La tradition rapporte que Sarah notre mere voyait ses bougies brûler miraculeusement d'un Chabbat a l'autre, temoignage de sa piete exceptionnelle. Hannah, elle aussi, accomplissait les mitsvot feminines avec une devotion totale. Ce sont ces figures qui donnent tout leur sens au Ner Chabbat : non pas un simple geste rituel, mais un acte qui relie chaque femme juive a une chaine de saintete millenaire.
Les lois pratiques
La Michna Beroura et le Kitsour Choulhan Aroukh detaillent les nombreuses halakhot liees au Ner Chabbat : moment d'allumage (preferablement 18 minutes avant le coucher du soleil), nombre de bougies, materiaux autorises, lieu d'allumage. L'usage du feu electrique est discute par les Poskim modernes, mais la bougie a la cire ou l'huile reste privilegiee pour accomplir la mitsva dans sa beaute.
Dans la sequence du Chabbat
L'allumage du Ner Chabbat s'inscrit dans un enchaînement liturgique precis. Il precede la priere de Kabbalat Chabbat a la synagogue, qui elle-meme ouvre l'office du soir. A la table familiale, les bougies eclairent la nape blanche, les deux Halot recouvertes et le verre de Kidouch. Une semaine plus tard, c'est la Havdala — sur une bougie tressee cette fois — qui cloture le Chabbat que le Ner avait inaugure.
Lumiere et symbolisme juif
Le Ner Chabbat s'inscrit dans une constellation plus large de mitsvot lumineuses. La 'Hanoukia, la Menora du Beth Hamikdach : toutes partagent avec les bougies du Chabbat ce symbolisme de la lumiere divine penetrant l'obscurite. La kippa et le Ner Chabbat sont souvent cites ensemble comme signes visibles et identitaires du judaisme orthodoxe vecu au quotidien. Allumer le Ner Chabbat, c'est perpetuer une lumiere qui n'a jamais cesse de brûler depuis le Sinaï.
Lois de Ner Chabbat : questions-réponses pratiques
Certains ont l'habitude d'allumer les bougies de Chabbat en les plaçant alignées sur une même ligne, et non en cercle. D'autres placent les mèches dans une assiette profonde en cercle, de façon à ce que les mèches soient un peu éloignées les unes des autres et que chaque bougie soit bien distincte. Dans ce cas, il n'y a pas à craindre que cela ressemble à un brasier.
Cependant, si elle se souvient qu’elle n’a pas récité la berakha avant d’avoir terminé d’allumer toutes les bougies qu’elle a l’habitude d’allumer chaque veille de Chabbat, elle peut réciter la berakha avant d’allumer la bougie restante. Mais si elle a déjà allumé toutes les bougies, elle ne doit plus réciter la berakha, car on ne récite pas la berakha après avoir accompli la mitsva.
Il est une mitsva d’allumer les bougies près de la table sur laquelle on prend le repas du vendredi soir, afin de sanctifier et de manger à leur lumière, ce qui fait partie du oneg Chabbat. L’essentiel de la mitsva d’allumer les bougies de Chabbat, la veille de Chabbat, concerne la pièce où l’on mange. Selon la stricte halakha, il n’y a pas d’obligation d’allumer dans les autres pièces de la maison. Toutefois, si le mari souhaite allumer une bougie dans la chambre à coucher, il en a le droit, qu’il soit béni, mais il n’est pas permis de réciter la berakha pour cela. Par ailleurs, si l’on préfère sanctifier et manger dans la cour ou sur le balcon à la lumière de la lune, parce qu’il y a des mouches dans la pièce, on sanctifiera et mangera dans la cour, même si l’on ne voit pas les bougies depuis cet endroit, car les bougies sont prescrites pour le plaisir et non pour la gêne. Il faut toutefois bénéficier de la lumière des bougies au moins quelque temps, même court, car si l’on n’en profite pas du tout, la berakha est vaine.
Si une femme a allumé une bougie à gaz à l’entrée de Chabbat, sans aucune intention de s’acquitter ainsi de l’obligation de l’allumage des bougies de Chabbat, puis allume ensuite des bougies en l’honneur de Chabbat, elle est autorisée à réciter la berakha sur cet allumage avant d’allumer, car elle n’avait pas eu l’intention de s’acquitter de son obligation avec l’allumage de la bougie à gaz.
Il est préférable d'accomplir la mitsva de l'allumage des bougies de Chabbat avec de l'huile d'olive. Même de nos jours, il est recommandé de s'efforcer d'utiliser de l'huile d'olive. Si l'on ne dispose pas d'huile d'olive, on allumera avec d'autres huiles qui sont absorbées par la mèche. On n'allume les bougies de Chabbat qu'avec une huile qui est bien absorbée par la mèche. C'est pourquoi il ne faut pas allumer avec de la poix ou des substances similaires, même si on y a mélangé un peu d'huile. Si l'on ne possède pas d'huile, on pourra allumer avec des bougies de cire.
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