Thèmes Kapparot

À savoir
Qu'est-ce que Kapparot ?
Kapparot est un ancien usage juif pratiqué à la veille de Yom Kippour, et parfois durant les Dix Jours de Téchouva. Il consiste à faire tourner un poulet au-dessus de sa tête en récitant une formule par laquelle on demande que l'animal soit substitué à la personne, allant à la mort tandis qu'elle ira vers une vie bonne et paisible. Le poulet est ensuite donné à la Chéh'ita, puis offert en Tsédaka aux pauvres, ou remplacé par une somme d'argent remise directement aux nécessiteux - c'est le « Pidyon Kapparot ».
Origines et fondements
Après la destruction du Beit Hamikdach et la disparition du rituel du bouc émissaire (Saïr la-Azazel), diverses pratiques de kappara spirituelle se sont développées pour marquer la période du repentir précédant Yom Kippour. Kapparot s'inscrit dans cet esprit de introspection et de demande de pardon propre aux Yamim Noraïm.
Soutiens et opposants parmi les Décisionnaires
Le Rama et le Ari z''l comptent parmi les grands défenseurs de cette pratique, qui est ainsi largement répandue dans les communautés ashkénazes et certaines communautés séfarades. À l'inverse, le Ramban, le Rachba et Rabbi Yossef Karo (auteur du Choulhane Aroukh) se sont montrés réservés ou opposés à cet usage, le qualifiant de pratique étrangère à la tradition halakhique stricte.
Pratique concrète
Le matin de la veille de Yom Kippour, on tient le poulet (un coq pour un homme, une poule pour une femme) dans la main droite et on le tourne trois fois au-dessus de la tête en prononçant la formule : « Zé h'aliféni, zé témorati, zé kapparati... » - « Que ce poulet aille à la mort et moi vers une longue vie de paix. » Pour une femme enceinte, l'usage prévoit deux ou trois volailles. Beaucoup privilégient un poulet blanc, le blanc symbolisant la pureté et l'effacement des fautes, comme il est écrit dans le prophète Isaïe : « Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils blanchiront comme la neige. »
Kapparot sans animal : l'option de la Tsédaka
Pour ceux qui préfèrent ne pas utiliser de volaille, il est tout à fait admis de pratiquer Kapparot en faisant tourner de l'argent au-dessus de sa tête avant de le donner aux pauvres. Cette forme met en avant la dimension de Tsédaka inhérente au rituel et évite toute question liée au bien-être animal.
Débat contemporain
Aujourd'hui, la pratique de Kapparot avec des animaux soulève des questions importantes sur le plan du Tsa'ar Ba'alé 'Hayim (interdiction de faire souffrir les animaux). De nombreux rabbins et organisations de défense des animaux appellent à privilégier la version pécuniaire. Ce débat témoigne de la vitalité de la réflexion halakhique : comment honorer un usage ancestral tout en respectant les valeurs éthiques de la Torah.
Lois de Kapparot : questions-réponses pratiques
Il existe une coutume selon laquelle, en arrivant chez le shohet, on tient les volailles à proximité du lieu de la shehita afin que, dès que le shohet termine de procéder à la shehita pour le client précédent, il commence immédiatement celle du client suivant qui se trouve à côté. Il n'est pas correct d'agir ainsi, car cela cause de la souffrance aux animaux et il y a également un risque concernant la règle de "tsamka hareya" par la main de l'homme, chaque fois qu'on abat une volaille devant une autre, comme mentionné dans le Choulhan Aroukh. C'est pourquoi il faut tout faire avec sagesse afin qu'une volaille ne voie pas l'abattage d'une autre.
On a l’habitude de prendre un poulet mâle pour chaque membre masculin de la famille, et une poule femelle pour chaque membre féminin. On choisit de préférence des poulets blancs, en référence au verset : « Si vos fautes sont comme l’écarlate, elles deviendront blanches comme la neige ».
On a l’habitude de prendre pour une femme enceinte deux poules et un poulet, car il se peut que l’enfant à naître soit un garçon ou une fille. Toutefois, cela n’est pas indispensable, mais simplement une précaution supplémentaire.
Là où le shohet souhaite abattre les volailles des kaparot, il doit préparer de la terre meuble, apte à la couverture du sang, sur le sol, et déclarer verbalement que cette terre servira à la couverture du sang des volailles. Comme il est enseigné dans la Guemara Houlin, le shohet doit placer de la terre en dessous et au-dessus du sang, car il est écrit "vekhisahu beafar" et non "khisahu afar", ce qui enseigne qu'il faut mettre de la terre en dessous et au-dessus. Tel est également le psak du Tour et du Choulhan Aroukh.
Certaines personnes ont l'habitude de donner les volailles utilisées pour les kaparot aux pauvres. Toutefois, il est préférable de leur remettre la valeur monétaire des kaparot, afin que le pauvre ne ressente pas de honte ni ne pense qu'il est méprisé par celui qui donne, du fait qu'après avoir symboliquement transféré ses fautes sur la volaille, on la lui donne.
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