Thèmes Hochaana Rabba

À savoir
Le septième jour de Souccot : nature et signification
Hochaana Rabba est le septième et dernier jour de Souccot, correspondant au 21 Tichri. Bien qu'il appartienne au Hol Hamoed (les jours intermédiaires de la fête), il revêt un caractère tout à fait singulier dans le calendrier juif. Son nom, mentionné pour la première fois dans le Midrach Cho'her Tov, signifie littéralement "le grand Hochaana", en raison de la multiplication des piyoutim de Hochaanot récités ce jour-là.
Le sceau final du jugement
Hochaana Rabba est connu comme le "Yom Hahitom" - le jour de la clôture définitive du jugement. Alors que Roch Hachana et Yom Kippour constituent les étapes centrales du jugement individuel, Hochaana Rabba en marque le sceau ultime. Ce caractère pénitentiel place ce jour dans le prolongement des Asseret Yemei Téchouva et de la période des Sélichot : on y intensifie la prière et la téchouva, à l'image d'un Yom Kippour mineur. Selon la Kabbala, c'est également le jour où la sentence définitive concernant les eaux - les pluies de l'année à venir et la bénédiction des récoltes - est scellée pour le monde entier.
Les rites caractéristiques : les sept hakafot et la cérémonie des saules
La mitsva principale d'Hochaana Rabba est la h'ivoute araava (frappe des rameaux de saule). Lorsque le Beth Hamikdach existait, on dressait de grandes branches de saule autour de l'autel pendant toute la fête de Souccot, et à Hochaana Rabba on effectuait sept tours complets (hakafot) autour de l'autel avec les quatre espèces (arba minim), puis on frappait les saules au sol - pratique qualifiée de "minhag nevi'im". Aujourd'hui, après les sept hakafot avec les arba minim en synagogue, on frappe cinq fois un bouquet de saules sur le sol ou sur un objet, en signe de demande de délivrance et d'expiation.
Le Tiqoun Leil Hochaana Rabba
La nuit précédant Hochaana Rabba est marquée par un usage de grande dévotion : le Tiqoun Leil Hochaana Rabba, consistant à lire l'intégralité du livre des Téhilim et des passages de la Torah et du Zohar. Cette veillée nocturne de studieuse prière traduit l'intensité spirituelle propre à ce jour charnière. Un usage kabbaliste enseigne également que l'ombre portée de l'homme en cette nuit peut indiquer quelque chose sur sa destinée pour l'année à venir.
Statut halakhique et place dans le cycle des fêtes
Du point de vue de la Halakha, Hochaana Rabba n'est pas un Yom Tov au sens strict : le travail y est en principe permis, mais il revêt une sainteté particulière qui incite à une conduite semblable à celle d'une fête. Le lendemain commence Chemini Atseret, Yom Tov à part entière, immédiatement suivi de Sim'hat Torah qui clôt le cycle complet de la période de Souccot et des fêtes de Tichri. Lorsque Hochaana Rabba précède Chemini Atseret un vendredi ou un Chabbat, la pratique de l'Eirouv Tavchiline est requise pour permettre la préparation des repas de fête.
La prophétie de 'Hagai et les dimensions eschatologiques
Le prophète 'Hagai a prononcé l'une de ses prophéties le 21 Tichri - jour d'Hochaana Rabba - annonçant le renouveau du Beth Hamikdach et la venue de toutes les nations. La tradition kabbalistique associe également ce jour à la future guerre de Gog ou Magog. Ces dimensions eschatologiques, conjuguées au rite des saules et à l'intensité pénitentielle, font d'Hochaana Rabba un des jours les plus chargés de sens spirituel dans l'ensemble du calendrier des fêtes juives.
Lois de Hochaana Rabba : questions-réponses pratiques
Le loulav et ses espèces, ainsi que la arava après avoir été frappée au sol, sont considérés comme des objets de mitsva et peuvent être jetés. Cependant, il ne faut pas les traiter avec mépris ni les jeter à un endroit où ils seraient piétinés par les passants ; il convient plutôt de les déposer sur le côté de la voie publique.
La coutume de frapper la arava jusqu'à ce que toutes les feuilles tombent est une pratique d'enfants, motivée par la joie. Certains pensent que la mitsva de la frappe de la arava consiste à la secouer, tandis que d'autres estiment que la mitsva est de la frapper sur le sol. Le Rama a tranché qu'il convient de faire les deux : d'abord la secouer, puis la frapper cinq fois sur le sol, et cela suffit.
Il faut veiller à ne pas prier avant le lever du soleil. Cependant, en cas de nécessité, lorsque l'assemblée est très fatiguée et ne peut attendre le lever du soleil, il est permis de commencer Baroukh Cheamar dès l'aube, soit soixante-douze minutes avant le lever du soleil.
La arava ne doit être prise que seule, sans être attachée à un autre objet, afin qu'il soit évident qu'elle est prise pour la mitsva. Toutefois, si l'on tient un autre objet en main, il n'y a pas lieu de s'en inquiéter.
Après l'aube, on doit se laver les mains comme chaque jour, mais sans berakha, et on récitera toutes les berakhot du matin ainsi que les berakhot de la Torah, à l'exception de la berakha "Al netilat yadayim". Si l'on n'a pas dormi de la nuit, il ne faut pas réciter les berakhot de la Torah avant l'aube. Celui qui récite les berakhot de la Torah avant l'aube prononce le nom du Ciel en vain.
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