Thèmes Tsédaka

À savoir
La Tsédaka : une obligation au cœur du judaïsme
La Tsédaka, souvent traduite par « charité », est bien plus qu'un simple acte de générosité : c'est une mitsva obligatoire inscrite dans la Torah. Contrairement à la notion de don volontaire, elle est une obligation morale et halakhique, fondée sur la justice sociale. Le terme hébreu lui-même dérive de tsédek, la justice, soulignant que secourir le nécessiteux n'est pas un geste gracieux mais un devoir.
Les sources halakhiques
Le Choulhane Aroukh (Yoré Déa 247-259) consacre plusieurs chapitres aux lois de la Tsédaka, précisant le montant minimal (un cinquième de ses revenus idéalement, un dixième au minimum), les priorités (proche avant lointain, pauvre de sa ville avant pauvre d'ailleurs) et les modalités du don. Le Rambam, dans son Michné Torah, établit ses célèbres huit degrés de Tsédaka, le plus élevé étant d'aider quelqu'un à devenir autonome.
Tsédaka et Middot : le don comme travail intérieur
La Tsédaka est intimement liée aux Middot, les vertus morales que tout juif est invité à cultiver. Elle exprime le Hesed, la bonté désintéressée, et s'inscrit dans la relation de Ben Adam Lehavero, les obligations entre êtres humains. Donner avec joie, sans humilier le bénéficiaire, est considéré comme une élévation spirituelle autant que sociale.
Tsédaka, Téchouva et Téfila
La liturgie de Roch Hachana et de Yom Kippour place la Tsédaka au cœur du processus de repentir : « Téchouva, Téfila et Tsédaka font passer le mauvais décret. » Ce triptyque illustre que le don matériel participe à la réconciliation avec D.ieu et avec autrui. La Tsédaka est ainsi un acte à la fois rituel et social, indissociable de la Téchouva sincère.
Les formes concrètes de la Tsédaka
La tradition juive connaît de nombreuses expressions pratiques de la Tsédaka : la Péa (laisser le coin du champ aux pauvres), le Limoud Torah soutenu financièrement, le Bikour Holim (visiter les malades, qui est aussi une forme de don de soi), ou encore la Hakhnassat Orhim (hospitalité envers les étrangers et les démunis). L'Ahavat Israël, l'amour du prochain, est le terreau sur lequel fleurit toute pratique authentique de la Tsédaka.
La Tsédaka dans la communauté
Historiquement, chaque communauté juive organisait une koupat tsédaka (caisse communautaire) pour subvenir aux besoins des pauvres, des veuves et des orphelins. Cette solidarité organisée, héritée du Talmud, reste un pilier de la vie communautaire orthodoxe aujourd'hui, qu'il s'agisse de soutenir des yéchivot, des familles dans le besoin ou des institutions caritatives en Israël et dans la diaspora.
Lois de Tsédaka : questions-réponses pratiques
Lorsqu’on vend des mitsvot, il est interdit d’augmenter le prix uniquement dans le but que son prochain surenchérisse et donne davantage. Cela fait partie de ce que la Guemara mentionne parmi les quatre raisons pour lesquelles les biens des particuliers sont livrés au pouvoir royal, l’une d’elles étant de fixer publiquement une somme importante de tsédaka pour inciter les autres à donner plus, sans donner soi-même la tsédaka.
Il existe une mitsva positive de donner la tsedaka selon ses moyens, et cette mitsva a été ordonnée à plusieurs reprises. Malgré cela, on ne récite pas de berakha sur cette mitsva pour plusieurs raisons. Celui qui détourne son regard de la tsedaka transgresse l'interdit de ne pas endurcir son cœur ni fermer sa main, il est appelé "beliyaal" et c'est comme s'il pratiquait l'idolâtrie. Il faut donc être particulièrement vigilant concernant cette mitsva. Jamais il n'arrivera de préjudice à une personne pour avoir donné la tsedaka, comme il est dit : "l'acte de tsedaka apporte la paix". Quiconque fait preuve de miséricorde envers les pauvres, Hachem lui accorde Sa miséricorde. La tsedaka repousse les décrets difficiles et, en période de famine, elle sauve de la mort. Les pauvres doivent toujours faire partie de ta maison. Celui qui ouvre sa main pour donner la tsedaka voit les portes du ciel s'ouvrir pour recevoir sa prière. La tsedaka repousse les décrets et illumine toute la semaine, selon le secret de "sa tsedaka subsiste à jamais", alors qu'une autre mitsva n'illumine qu'un seul jour.
Un Juif généreux originaire de Babel a fait don d’un fonds dont les revenus devaient être consacrés au soutien des Talmoudei Torah de la ville de Bagdad. Aujourd’hui, presque tous les Juifs de Bagdad ont émigré en Israël. La règle principale est qu’il est permis d’utiliser désormais les revenus de ce fonds pour soutenir les yeshivot en Israël, où étudient également des personnes issues de Babel ayant fait leur alya à Jérusalem.
De nos jours, il n'est pas nécessaire d'être strict et de refuser la tsedaka à une personne qui possède deux cents zouz, car cette mesure ne s'appliquait qu'à leur époque. Aujourd'hui, une personne peut recevoir la tsedaka tant qu'elle ne possède pas un capital lui permettant, grâce à ses revenus, de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.
Les collecteurs de tsedaka ne doivent prendre des femmes et des enfants qu'une petite somme, mais pas une grande somme, car il y a lieu de craindre que le mari ou le père n'ait pas donné son accord. Tout dépend de la richesse de la personne. Si une femme a engagé un enseignant pour son fils et que le mari en a connaissance et ne s'y oppose pas, on en déduit qu'il y consent, et il est permis à l'enseignant de recevoir ce paiement.
Quiz sur le thème de Tsédaka
Un mini quiz pour tester vos connaissances. Vous relevez le défi ?

