Thèmes Téroumot et Maaserot

À savoir
Des mitsvot ancrées dans la Torah
Téroumot et Maaserot désignent les dons agricoles prescrits par la Torah pour tout produit cultivé en Terre d'Israël. Ces mitsvot imposent de séparer plusieurs portions de la récolte avant d'en manger : une récolte non séparée est qualifiée de Tavelé et est interdite à la consommation. Le Rambam dans le Michné Torah et le Choulhane Aroukh (Yoré Déa, siman 331) détaillent précisément ces règles.
Deux Téroumot, trois Maaserot
La loi distingue la Térouma Guédola (don aux Cohanim), la Térouma du Maaser prélevée par le Lévi, le Maaser Rishon (premier dixième pour les Léviim), le Maaser Chéni (mangé à Jérusalem en pureté ou racheté), et le Maaser Ani (dixième des pauvres, années 3 et 6 du cycle de la Chmita). Ces catégories font l'objet du traité Teroumot et du traité Maâserot dans l'ordre Zeraïm de la Michna.
Un réseau de lois agricoles
Les Téroumot et Maaserot s'inscrivent parmi les lois agricoles d'Israël. La Péa (coin du champ laissé aux pauvres) et les Bikkourim (prémices offertes au Cohen) relèvent du même esprit de solidarité. Le traité Demaï traite du doute sur la séparation des dons. Les lois de Kilayim, d'Orla et de la Halla (don sur la pâte) appartiennent à ce même univers halakhique du seder Zeraïm.
Chmita, Cheviit et Yovel
La Chmita (année sabbatique, aussi nommée Cheviit) suspend l'obligation : les récoltes de la septième année sont Hefker, exclues du prélèvement. Le Yovel influe également sur les pratiques foncières liées à ces dons. Ces interactions illustrent la cohérence du système juridique de la Torah.
Application contemporaine
Selon de nombreux Rishonim, l'obligation est aujourd'hui de statut rabbinique (Dérabanan). En pratique, la séparation est effectuée symboliquement sans remise physique de la Térouma. Cette pratique demeure un témoignage de l'attachement du peuple juif à ses mitsvot agricoles et à sa terre.
Lois de Téroumot et Maaserot : questions-réponses pratiques
Celui qui consomme des graines de sésame telles quelles doit en prélever teroumot et maasserot, et il en va de même pour tout cas similaire.
Si de la terouma est tombée dans un plat cuisiné et qu'il n'a pas été possible de vérifier s'il y avait soixante fois plus que la quantité de terouma (car dans un mélange de deux espèces différentes, la terouma est annulée dans soixante), et qu'une partie du plat a été renversée, rendant impossible toute vérification, on adopte une position indulgente, car il a déjà été expliqué que la terouma de nos jours est d'ordre rabbinique.
Les personnes qui résident en dehors d’Israël et souhaitent accomplir les mitsvot liées à la terre d’Israël, comme la séparation des teroumot et maasserot, la chemitta, etc., la halakha principale est qu’elles peuvent les accomplir en nommant un chaliah qui réalisera ces mitsvot pour elles.
Des raisins vendus sur le marché par des non-juifs, ayant poussé sur leur terre et généralement destinés à la consommation, si un Juif les achète et en fait du vin, il est dispensé de prélever la terouma et la maasser. Tel est l'usage à Jérusalem. A fortiori, si un Juif les achète pour les consommer tels quels. Ce n'est que si l'on sait que le non-juif les a cueillis dans le but de les vendre pour en faire du vin, qu'il faudra prélever la terouma et la maasser, en récitant la bénédiction correspondante.
Des fruits provenant de l'étranger qui arrivent en Israël, après que leur préparation ait été achevée à l'étranger, sont en principe exemptés de teroumot et maasserot, et il n'est pas nécessaire d'être rigoureux à ce sujet. De même, des fruits d'Israël exportés à l'étranger sont exemptés de teroumot et maasserot, en raison d'un double doute : peut-être la halakha suit-elle l'avis selon lequel même si la finition a eu lieu en Israël, ils sont exemptés, et peut-être ont-ils déjà été prélevés en Israël. De plus, teroumot et maasserot de nos jours sont d'ordre rabbinique, et même en cas de doute unique, on est indulgent selon la majorité des décisionnaires.
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