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Thèmes Kilayim

Kilayim en halakha, avec les interdits de mélanges d'espèces et leurs sources dans la Torah, la Michna, le Talmud de Jérusalem et le Choulhane Aroukh.

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Kilayim
Kilayim : l'interdit des melanges d'especes

À savoir

Qu'est-ce que Kilayim ?

Kilayim désigne l'ensemble des interdits halakhiques relatifs au mélange de deux espèces distinctes. Ces lois, issues de la Torah, sont codifiées dans le Choulhane Aroukh (Yoreh Déa, sections 295-304) et développées dans le Talmud de Jérusalem ainsi que dans le traité Kilayim de la Michna. La transgression de l'un de ces interdits est passible de flagellation (malkot).

Les sources bibliques

L'interdit de Kilayim est mentionné en deux endroits dans la Torah. Dans la paracha Kedochim (Vayikra 19:19), il est écrit : « Tu observeras mes lois : tu ne feras pas s'accoupler ton bétail avec une espèce différente, tu ne sèmeras pas ton champ de graines mélangées, et tu ne porteras pas de vêtement d'un tissu de fils mélangés. » La paracha Ki Tétsé (Devarim 22:9-10) ajoute l'interdit de semer dans une vigne et celui de labourer avec deux animaux d'espèces différentes.

Les six catégories de Kilayim

L'interdit comprend six interdictions distinctes. Dans le domaine végétal : Kilaé zéraïm (semences mélangées dans un même champ), Kilaé ilan (greffe de deux arbres différents), et Kilaé hakérem (semence dans une vigne, interdit étudié dans le cadre de la loi sur l'Orla). Dans le domaine animal : Kilaé béhéma (croisement de deux espèces), et l'interdit de labourer ensemble un bœuf et un âne. Enfin, Chaatnéz : le port d'un vêtement mélant laine et lin, interdit même s'il n'a pas été tissé délibérément.

Le traité Kilayim et le Seder Zeraïm

Le traité Kilayim fait partie du Seder Zeraïm de la Michna, aux côtés d'autres traités consacrés aux lois agricoles tels que Péa, Cheviit, Demaï, Téroumot et Maaserot, Maâserot et Orla. Ce Seder traite de l'ensemble des obligations et interdits liés à la terre d'Israël, dont la Chmita et le Yovel sont les piliers calendaires. Ces lois s'appliquent en priorité en Erets Israël, bien que certaines d'entre elles aient une portée universelle (comme Chaatné'z).

Les raisons de l'interdit selon les Rishonim

Plusieurs opinions sont avancées parmi les décisionnaires. Rachi considère ces lois comme des 'houkim - décrets divins sans raison explicite, dont l'observance exprime la soumission au Créateur. Le Ramban estime que le mélange d'espèces constitue une forme d'ingérence dans l'ordre de la Création. Le Maharal précise que le Ramban interdit la création d'une espèce nouvelle, mais non l'amélioration d'une espèce existante. Le Rambam (Maïmonide), dans ses Hilkhot Kilayim, suggère que ces interdits visaient à éloigner Israël des pratiques idolâtres des nations voisines, qui mêlaient greffes et rites de fertilité.

Application pratique et étude

L'étude des lois de Kilayim s'inscrit dans un parcours halakhique rigoureux. Le traité Kilayim de la Michna détaille les distances minimales entre cultures, les règles de séparation dans un potager, et les conditions précises dans lesquelles un mélange devient interdit. Ces lois restent pleinement applicables aujourd'hui, notamment pour les jardiniers en Erets Israël et pour tout Juif portant des vêtements contenant une association laine-lin (Chaatné'z). Des laboratoires spécialisés dans la vérification des tissus existent dans plusieurs communautés orthodoxes.

Lois de Kilayim : questions-réponses pratiques

Travail avec un bœuf et un âne attelés ensemble

L’interdiction de kilay behema concerne tout travail effectué avec deux espèces différentes, et pas seulement avec un chor et un hamor. Bien que la Torah mentionne « chor » et « hamor », l’interdiction s’applique à toute combinaison de deux espèces, que l’une soit pure et l’autre impure, ou que les deux soient pures ou impures. Par exemple, il est interdit d’atteler ensemble un cheval et un hamor, ou un cheval et une mule.

(Yalkout Yossef, Lois de Kilaïm (mélanges interdits), Chapitre 297 - Travail avec un bœuf et un âne attelés ensemble, Halakha 3)
Fabriquer un vêtement en chaatnez et le vendre

Il est permis de fabriquer des vêtements composés de kilaé begadim (mélange de lin et de laine, appelé aussi chaatnez) et de les vendre à un non-juif. L'interdiction ne concerne que le fait de les porter. A plus forte raison, il est permis de demander à un non-juif de coudre un vêtement de chaatnez pour l'usage d'un non-juif. Cela s'applique lorsque le mélange est visible dans le vêtement. Mais si le mélange n'est pas apparent, et que les composants sont tissés dans le tissu, il est interdit de vendre ce vêtement à un non-juif, de crainte qu'il ne le revende ensuite à un Juif.

(Yalkout Yossef, Lois de Kilaé Begadim (mélanges vestimentaires), Chapitre 304 - Fabriquer un vêtement en chaatnez et le vendre, Halakha 1)
Lois du kilaim – kilaim des arbres

La greffe dite "de l'œil", pratiquée de nos jours, consiste à prélever un œil d'un arbre de prunier et à le greffer sur le tronc d'un amandier. Après que la greffe a pris, on coupe l'arbre jusqu'à l'endroit où l'œil a été placé, et de cet œil sort une branche qui, en un ou deux ans, devient un arbre de prunier. Cette pratique est interdite, car même si au moment de la greffe il n'y a pas encore de connexion avec l'arbre et que cela ne s'appelle pas encore un arbre, la permission concernant les racines ne s'applique que lorsqu'elles n'ont jamais eu le statut d'arbre. Mais lorsqu'il s'agit d'une partie qui, avant la greffe, avait déjà le statut d'arbre, comme dans la greffe de l'œil, cela reste interdit.

(Yalkout Yossef, Lois de Kilaïm (mélanges interdits), Chapitre 295 - Lois du kilaim – kilaim des arbres, Halakha 8)
Placer du kilaim sous soi et cas d’application de la loi du chaatnez

Un tapis fin et dur posé sur le sol, qui présente un risque de chaatnez, n'est pas interdit au regard de l'interdiction de kilaïm. A plus forte raison, un tapis fin fixé du mur au mur et collé au sol, il est permis de marcher dessus pieds nus ou de s'asseoir par terre, même s'il est certain qu'il est fait de chaatnez. Cependant, cela n'est permis que si la peau ne touche pas le tapis. Il est permis de marcher dessus, car la peau du pied est dure. Il est aussi permis de s'allonger dessus. De même, les tapis collés aux murs pour la décoration ou posés sur l'estrade de la synagogue ne posent pas de problème d'interdiction de chaatnez.

(Yalkout Yossef, Lois de Kilaé Begadim (mélanges vestimentaires), Chapitre 301 - Placer du kilaim sous soi et cas d’application de la loi du chaatnez, Halakha 2)
Placer du kilaim sous soi et cas d’application de la loi du chaatnez

De nos jours, il est rare de trouver du chaatnez dans les chaussures. Cependant, les pantoufles qui sont rembourrées sur le dessus, ainsi que certaines bottes, en particulier celles de grande valeur, peuvent contenir un rembourrage susceptible d'être un mélange de laine et de lin. Il existe aussi des chaussures dont la partie supérieure est faite de lin et cousue avec des fils de laine. Si ce cas est considéré comme un "minorité fréquente", il faut vérifier et retirer le chaatnez. Même si ce n'est pas une minorité fréquente, il est bon de se montrer rigoureux et de vérifier.

(Yalkout Yossef, Lois de Kilaé Begadim (mélanges vestimentaires), Chapitre 301 - Placer du kilaim sous soi et cas d’application de la loi du chaatnez, Halakha 13)
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