Thèmes Talit

À savoir
Qu'est-ce que le Talit ?
Le Talit est un vêtement rectangulaire à quatre coins, porté par les hommes juifs lors de la Téfila. Sa forme même l'oblige à recevoir des Tsitsit (franges) à chaque coin, conformément à la mitsva décrite dans la Torah. On distingue le Talit gadol, grand châle enfilé pour la prière, et le Talit katan, porté en permanence sous les vêtements pour accomplir la mitsva des Tsitsit tout au long de la journée.
Fondements halakhiques selon le Choulhan Aroukh
Le Choulhan Aroukh Orah Hayim précise que, selon la Halakha, seul un vêtement en laine ou en lin est soumis aux Tsitsit d'après la Torah. Pour les autres tissus, l'obligation est d'ordre rabbinique. Le Rama, lui, est d'avis que tout vêtement à quatre coins est soumis aux Tsitsit par la Torah elle-même. Le Rambam, dans les Hilkhot Tsitsit, souligne qu'il convient à tout homme d'être enveloppé dans un vêtement digne lors de la prière, à la manière de celui qui se tient devant un roi.
Le Talit dans les prières quotidiennes
Le Talit est enfilé le matin lors de Chaharit, la prière du matin, avant de réciter l'Amida. À Chabbat et lors des fêtes comme Roch Hachana et Pessa'h, le port du Talit revêt une solennité particulière. À Yom Kippour, la tradition veut que l'on porte un Talit blanc dès la prière de Kol Nidré, qui débute avant la tombée de la nuit, ce qui constitue une exception remarquable à la règle habituelle.
Coutumes ashkénazes et séfarades
Les usages diffèrent selon les communautés. Selon la coutume ashkénaze, le port du Talit gadol commence le jour du mariage ; avant cela, les garçons portent uniquement le Talit katan. Dans de nombreuses communautés, le Bar Mitsva marque symboliquement le premier port solennel du Talit. Certains séfarades, ainsi que les Yéménites, ont pour habitude que le chalia'h tsibour (officiant) s'enveloppe dans le Talit à toutes les prières sans exception.
Symbolique et tradition
Les rayures qui ornent le Talit - généralement noires - seraient, selon une tradition ancienne, un signe de deuil sur la destruction du Temple. Le Zohar enseigne qu'il est préférable d'arriver à la synagogue déjà enveloppé dans son Talit et orné de ses Tefiline. L'Ari zal établit une distinction kabbalistique entre le Talit gadol, vêtement extérieur, et le Talit katan, vêtement intérieur, chacun portant une dimension spirituelle propre.
Matières et confection
Chez les juifs orthodoxes, le Talit est généralement confectionné en laine, en accord avec la décision du Choulhan Aroukh. Certains utilisent cependant la soie ou d'autres matières. Quelle que soit la matière choisie, les Tsitsit doivent être correctement noués et attachés aux quatre coins selon les règles halakhiques précises détaillées dans le Talmud et les codes de loi.
Lois de Talit : questions-réponses pratiques
Au moment où l'on étend le talit au-dessus de la tête du hatan et de la kala, il est d'usage de réciter "Veyiten lekha HaElokim mital hashamayim...". Certains invitent un kohen à étendre ses mains au-dessus du hatan et de la kala et à réciter la berakha des kohanim.
A priori, il ne faut réciter la berakha sur le talit katan que s’il mesure deux amot de longueur (soit 96 centimètres) sur une ama de largeur (soit 48 centimètres). Cette mesure s’entend hors de l’encolure. Mais si le talit katan est plus petit que cette mesure, même s’il est possible de le porter pour accomplir la mitsva de tsitsit, malgré tout, a priori, on ne récitera pas la berakha dessus. On récitera plutôt la berakha sur le talit gadol en ayant l’intention d’acquitter également le talit katan. Il existe une coutume de ne pas réciter du tout la berakha sur le talit katan.
Il est interdit de vendre un talit muni de tsitsit à un non-juif, et il est également interdit de lui en offrir un en cadeau. Même pour mettre en gage ou confier un talit muni de tsitsit à un non-juif, cela est interdit, sauf si c’est pour une durée limitée.
De nombreuses personnes ont l’habitude de ne pas réciter la berakha sur le talit katan pour plusieurs raisons, et ils ont l’intention de l’acquitter lorsqu’ils récitent la berakha « lehitatef betsitsit » sur le talit gadol. Toutefois, selon la halakha, il est permis de réciter la berakha sur le talit katan s’il a la taille requise, comme expliqué plus haut, et que les tsitsit ne sont pas déchirés. Celui qui entre au bain ou au mikvé, se lave tout le corps, enlève son talit katan et le remet, et souhaite réciter la berakha sur un talit katan qui a la mesure mentionnée plus haut, selon la halakha il est autorisé à le faire, à condition de vérifier que le talit a la bonne taille et que les tsitsit sont cachères. Il est bon que la femme aide à cette mitsva, en vérifiant le talit katan lorsqu’elle prépare les vêtements de son mari, en veillant à ce que les fils ne se déchirent pas au lavage d’une manière qui invaliderait le talit, et à ce que les tsitsit ne soient pas emmêlés. Elle recevra une récompense du Ciel pour avoir évité à son mari de transgresser, car il arrive que l’homme, pressé de s’habiller, ne vérifie pas son talit katan.
Le fait que certains aient l'habitude de bénir le hatan et la kala sous la houppa avec les versets "Yevarechekha Hachem veyishmerecha..." ne pose aucun problème d'interdiction concernant la récitation des versets des kohanim par des non-kohanim. Il n'y a pas non plus à craindre l'interdiction de réciter oralement des paroles écrites de la Torah.
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