Thèmes Chmita

À savoir
La Chmita : la septième année en Halakha
La Chmita est un ensemble de mitsvot qui s'appliquent en Eretz Israël tous les sept ans, lors de l'année sabbatique. Sa source principale se trouve dans la paracha Behar, où la Torah ordonne de laisser la terre se reposer. Le traité Cheviit de la Michna en détaille les lois avec précision.
Les deux grandes catégories de Chmita
Le Rambam recense neuf mitsvot liées à la Chmita : six relevant de la chmitat karka'ot (abandon des terres) et trois de la chmitat ksafim (remise des dettes). La première interdit tout travail agricole - semailles, taille, récolte en grande quantité - et oblige à rendre les fruits accessibles à tous. La seconde annule les dettes non remboursées à l'issue de l'année, en lien direct avec les lois de Ribit. Pour éviter que les créanciers ne refusent de prêter avant la Chmita, Hillel institua le prozboul, acte juridique permettant le recouvrement des créances.
Chmita et lois agricoles connexes
La Chmita s'inscrit dans un vaste cadre halakhique agricole qui englobe les lois de Téroumot et Maaserot, les Maâserot (dîmes), le Kilayim (interdiction des mélanges d'espèces), la Péa (coins du champ laissés aux pauvres) et les Bikkourim (prémices). Ces mitsvot, toutes liées à la terre d'Israël, forment un ensemble cohérent qui exprime la souveraineté divine sur Eretz Israël.
Le lien avec le Yovel
La Chmita est intimement liée au Yovel, l'année jubilaire qui intervient après sept cycles de sept ans. Tandis que la Chmita sanctifie chaque septième année, le Yovel, cinquantième année, ajoute la libération des esclaves hébreux et le retour des terres à leurs propriétaires d'origine. Les deux institutions expriment une même vision : l'homme n'est pas le maître absolu de la terre ni des biens.
Statut actuel et controverse halakhique
Depuis la destruction du Temple et la dispersion, la Chmita est considérée par la majorité des décisionnaires comme une obligation mid-dérabanan (rabbinique). Avec le renouveau agricole juif en Eretz Israël, la question prit une dimension pratique aiguë. Le héter mékhira - vente fictive des terres à un non-Juif pour la durée de l'année - fut proposé comme solution halakhique, mais reste une source de vif débat entre les autorités 'harédotes et religieuses-sionistes, connu sous le nom de « polémique de la Chmita ».
Portée spirituelle
Au-delà de la dimension agricole, la Chmita enseigne le détachement des biens matériels et la confiance en Hachem. La Torah promet explicitement Sa bénédiction à ceux qui l'observent, afin qu'ils ne souffrent d'aucun préjudice économique durant cette année de repos.
Lois de Chmita : questions-réponses pratiques
Même celui qui ne s'appuie pas sur le heter mekhira a le droit d'acheter des fruits d'arbre auprès d'une personne qui s'appuie sur le heter mekhira et qui fait du commerce avec ces fruits, et il n'y a pas lieu de craindre ici l'interdiction de faire du commerce avec les fruits de la Chemitta, puisque les vendeurs ont une autorisation rabbinique.
Il a déjà été expliqué qu’un etrog dont la formation a eu lieu pendant la chemitta et qui a été cueilli pendant la huitième année possède la sainteté de la cheviit et est soumis à la dîme.
Il est interdit de biner autour d'un arbre, même si c'est en vue de l'année suivante, la huitième année. Toutefois, si l'on sait que le binage autour de l'arbre est nécessaire pour éviter que l'arbre ne meure, ou si l'on fait une plate-bande circulaire autour de l'arbre pour l'irrigation, il est permis de biner selon le besoin même pendant la septième année. Lorsqu'on bine, il ne faut pas utiliser une charrue, mais un binette, et cela avec une modification. Certains disent que cette permission ne concerne que le binage déjà existant que l'on répare, mais qu'un nouveau binage est interdit.
Pour un arbre d'etrog destiné à la mitsva, si une grande quantité de neige tombe dessus et risque d'abîmer les etrogim au point de les rendre impropres à la mitsva, il est permis d'enlever la neige de l'arbre.
On s’acquitte de l’obligation des quatre coupes lors du soir de Pessah avec du vin de chviit, tant que le moment du biour n’est pas arrivé, car en général on consomme des raisins jusqu’à Pessah. Certains sont indulgents même après l’arrivée du moment du biour. Lorsqu’on ne dispose pas d’autre vin, il est permis d’être indulgent à ce sujet.
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