Thèmes Asher Yatsar

À savoir
Asher Yatsar : une bénédiction sur la sagesse du corps humain
La bénédiction Asher Yatsar est récitée, selon la Halakha, après chaque passage aux toilettes (qu'il s'agisse d'urine ou de selles). Elle figure également parmi les Birkhot Hacha'har, les bénédictions du matin récitées dès le réveil. Son fondement halakhique est tiré du Talmud Bavli, traité Berakhot, feuillet 60b.
Le sens profond de la bénédiction
Dans cette bénédiction, l'homme remercie Hachem d'avoir créé le corps humain "avec sagesse" ("acher yatsar et ha'adam be'hokhma"). La bénédiction reconnaît que le Créateur a façonné le corps avec des orifices et des cavités : les organes ouverts comme la bouche ne se bouchent pas, et les organes fermés comme le coeur et les poumons ne se percent pas. Si l'un d'eux venait à s'obstruer ou à s'ouvrir de façon anormale, la vie deviendrait impossible. La bénédiction se conclut par la louange de Hachem en tant que "guérisseur de toute chair" et "accomplit des merveilles".
Interprétations des Rishonim et A'haronim
Rachi et les Tossafot expliquent que la "merveille" évoquée réside dans le fait que malgré les nombreux orifices du corps, l'âme n'en sort pas. Le Rav David Abourdraham précise que le miracle est la capacité du corps à distinguer la partie nutritive des aliments des déchets. Le Rama quant à lui voit dans cette formule le mystère du lien entre l'âme et le corps matériel.
Les lois halakhiques de la bénédiction
Le Choulhane Aroukh tranche que la bénédiction doit être récitée après chaque passage aux toilettes, qu'il y ait eu des selles ou seulement de l'urine. Le Rama rapporte l'opinion de certains Rishonim selon laquelle la bénédiction est dite le matin dans le cadre des Birkhot Hacha'har même sans passage aux toilettes. La plupart des Poskim estiment que la bénédiction peut être récitée jusqu'à soixante-douze minutes après le passage aux toilettes ; passé ce délai, elle ne peut plus être prononcée.
Les variantes selon les communautés
Le texte de la bénédiction est similaire dans toutes les communautés d'Israël, mais présente de légères différences selon les rites. Le rite ashkénaze, les Séfarades selon le noussa'h Séfarad, et le rite italien emploient certaines formulations communes, tandis que le rite yéménite (Baladi) présente des variantes propres, notamment une ligne supplémentaire absente des autres rites.
Lois de Asher Yatsar : questions-réponses pratiques
Celui qui sort des toilettes et n'a pas d'eau pour se laver les mains, et qui nettoie ses mains avec un produit nettoyant, doit tout de même réciter Acher Yatsar, à condition de bien nettoyer ses mains pour qu'il n'y reste aucune saleté.
La coutume est de conclure la berakha de Asher Yatsar par « rofe kol basar oumafli laassot ». C'est également la version présente dans la Guemara, le Rif et le Rambam. Certains récitent « rofe hole kol basar », mais il ne faut pas changer la coutume.
Il est approprié et correct de ne pas s'essuyer les mains pendant que l'on récite la berakha de Asher Yatsar, car il ne convient pas de s'occuper à autre chose au milieu d'une berakha. En particulier, celui qui sait qu'il aura une meilleure kavana s'il récite la berakha après s'être essuyé les mains doit attendre pour la réciter après l'essuyage. Certains estiment que, puisque l'essuyage est lié à la berakha de Asher Yatsar, il n'y a pas de problème à s'essuyer les mains au milieu de la berakha. Ceux qui sont indulgents et s'essuient les mains pendant la berakha ont sur qui s'appuyer.
Il n'y a pas de quantité minimale d'urine pour être tenu de réciter la berakha Acher Yatsar : même pour une seule goutte, il faut la réciter, car si l'orifice était obstrué et empêchait même cette goutte de sortir, cela serait difficile pour la personne, et il convient donc de remercier pour cela. Cependant, si quelqu'un se force à uriner uniquement pour vérifier s'il aura besoin d'aller aux toilettes pendant la tefila, certains disent qu'il ne doit pas réciter Acher Yatsar pour une seule goutte. En revanche, si la personne a véritablement l'intention d'uriner, il est correct de réciter la berakha, même si, naturellement, elle n'aurait pas voulu uriner à ce moment-là. En pratique, dans tous les cas, dès qu'une goutte d'urine est sortie, il faut réciter Acher Yatsar.
Un malade qui urine fréquemment et avec de fortes douleurs, même s'il n'a uriné qu'une seule goutte, doit réciter la berakha Acher Yatsar.
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