Thèmes Mincha

À savoir
Mincha : la prière de l'après-midi
Mincha est l'office quotidien récité en après-midi, l'une des trois prières obligatoires instituées par les Sages selon la tradition. Elle correspond à la prière d'Yits'hak Avinou, qui se retira dans les champs pour prier à la tombée du jour. Cette prière tient une place centrale dans la vie spirituelle juive, aux côtés de Chaharit (matin) et Maariv (soir).
Origines et fondements halakhiques
Le Talmud établit que les trois prières quotidiennes ont été instituées par les patriarches : Avraham pour Chaharit, Yits'hak pour Mincha et Yaakov pour Maariv. La Halakha précise que Mincha correspond aussi au moment où le sacrifice quotidien de l'après-midi (Korban Tamid) était offert au Temple. Le Choulhane Aroukh consacre de nombreuses lois à la définition exacte de ses horaires.
Les horaires de Mincha
La prière de Mincha peut être accomplie entre Mincha Guedola (environ une heure et demie après le milieu du jour halakhique) et quelques minutes avant le coucher du soleil. Le Rambam et le Choulhane Aroukh distinguent Mincha Guedola (dès la mi-journée solaire plus une demi-heure) et Mincha Ketana (à partir de neuf heures et demie après l'aube halakhique), cette dernière étant considérée comme l'horaire préférentiel selon certains Poskim.
Structure de l'office
Mincha comprend la lecture d'Achré (Psaume 145), la Amida silencieuse (Chmoné Esré) et sa répétition par le 'Hazan lorsque le minyan est réuni. Le Tachanoun (supplication pénitentielle) est récité les jours ordinaires après la Amida. Certains jours, comme Chabbat ou les fêtes, la structure est adaptée : lors de Chabbat, une lecture de la Torah s'intercale dans l'office.
Particularités et importance spirituelle
Selon le Talmud (Berakhot), la prière de Mincha revêt une importance spirituelle particulière car elle est récitée en plein milieu des activités de la journée, ce qui témoigne d'une intention (Kavana) sincère. Le Maharal de Prague souligne que cette interruption de l'activité quotidienne pour se tourner vers D.ieu représente un acte de foi élevé. Plusieurs autorités halakhiques insistent sur le fait qu'il ne faut jamais laisser passer l'heure de Mincha.
Mincha et Chabbat
La prière de Mincha de Chabbat est unique : elle inclut la lecture de la paracha de la semaine suivante (Chabbat Mincha), divisée en trois aliyot. C'est également lors de Mincha de Chabbat que le Kaddich est récité en mémoire des défunts dans de nombreuses communautés. Cette prière prépare spirituellement à la sortie du Chabbat et à la prière de Maariv qui suit Havdala.
Lois de Mincha : questions-réponses pratiques
Il est permis de prier Minha dans un lieu où l'assemblée a déjà prié Arvit auparavant. Même un individu seul a le droit d'y prier Minha. Ce n'est que le vendredi soir que les décisionnaires ont été plus stricts à ce sujet.
L'avis du Maran du Choulhan Aroukh est que si le temps presse pour prier Minha, la communauté doit prier la Amida à voix basse, puis le chaliah tsibour dit Magen Avraham et Mehayé Metim, on répond Kedoucha et il termine HaEl Hakadosh, à condition qu'il n'y ait pas le temps de finir toute la Amida avant la sortie des étoiles. Cependant, il ne faut pas agir ainsi, bien que ce soit l'avis de Rav Haï Gaon, Rav Sherira Gaon, le Shibolei HaLeket et l'Eshkol, car d'autres Richonim ne sont pas de cet avis, et selon eux, prier une partie de la Amida constitue une berakha lévatala. Par conséquent, en cas de doute sur les berakhot, on est indulgent même contre l'avis du Maran, et il ne faut pas agir ainsi. Toutefois, il est permis de commencer la tefila pendant le temps prescrit, même si l'on sait qu'au milieu de la tefila on dépassera le temps de la prière.
Lors d'un jeûne public, si le temps est court et que l'on a déjà récité la Kedoucha, lorsque le hazan arrive à la bénédiction "Refaenou", il dira alors "Anenou" à voix haute comme une bénédiction indépendante, et l'assemblée écoutera et se concentrera sur sa bénédiction, puis poursuivra sa propre prière. Lorsqu'ils arriveront à "Choméa Tefila", ils diront à voix basse la prière "Anenou", à l'exception du hazan, puis ils poursuivront la prière jusqu'à la fin.
Celui qui ne peut pas trouver de minyan pour prier Minha Ketana, mais qui a un minyan uniquement pour Minha Guedola, il est préférable, a priori, de prier Minha Guedola en communauté plutôt que de prier Minha Ketana seul. C'est ainsi qu'il convient d'enseigner.
Si Chabbat tombe un jour où, si c'était un jour de semaine, on ne dirait pas Nefilat Apayim à Minha, on ne dit pas non plus "Tsidkatecha tsedek". Mais s'il y a un hatan, un père du garçon ou un sandek à la synagogue, on dit "Tsidkatecha", car ce n'est que lorsque le jour lui-même ne comporte pas de tahanounim qu'on ne dit pas "Tsidkatecha tsedek". Certains sont en désaccord et disent que même s'il y a un hatan ou un père du garçon à la synagogue, on ne dit pas "Tsidkatecha tsedek". Il ne faut pas créer de dispute à ce sujet.
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